La nouvelle secrétaire d'État, Marlène Schiappa, critiquée pour l'un de ses livres

La nouvelle secrétaire d'État, Marlène Schiappa, critiquée pour l'un de ses livres
La nouvelle secrétaire d'État en charge de l'Égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, le 18 mai à l'Élysée.

Orange avec AFP, publié le samedi 20 mai 2017 à 14h31

La nouvelle secrétaire d'État en charge de l'Égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, est critiquée pour un de ses livres écrit en 2010, où elle affirmait notamment que "la fellation est la spécialité des rondes".

Le livre "Osez l'amour des rondes", édité aux éditions La Musardine, se voulait une plaidoirie en faveur des femmes rondes. "C'est raté", regrettent plusieurs blogueuses qui avaient pointé du doigt l'ouvrage et ses "clichés grossophobes" dès sa sortie il y a près de 7 ans.

"Je trouve ça incroyable de nommer quelqu'un qui vit si loin de la réalité des femmes", s'insurgent aujourd'hui l'une d'entre elles, Daria Marx.



À l'époque, elle avait notamment relevé plusieurs passages jugés sexistes : "Elle ne cesse, au final, de définir la femme grosse qu'à travers le prisme du plaisir qu'elle est censée offrir à l'homme", écrivait-elle. "Sous couvert de vouloir décomplexer les femmes corpulentes qui n'osent pas assumer leur vie sexuelle, on a droit à un catalogue d'idées reçues aussi fausses que celles qu'elles prétendent jeter aux orties", jugeait elle une autre blogueuse, Audrey Paola.

"LES FEMMES ATTIRENT LE MÂLE EN RUT"

Selon elles, les problèmes commencent dès l'introduction du livre. "Une seule idée reçue sur les rondes est avérée ? Elles sont sexy, elles sont sensuelles, elles attirent le mâle en rut et quand on y a goûté, on ne peut plus s'en passer !", écrivait la nouvelle secrétaire d'État qui s'attardait également sur de nombreuses pratiques sexuelles comme la fellation, "la spécialité des rondes". "La grosse qui aime tant bouffer, aime forcément bouffer la queue de son amant", écrivait Daria Marx, en février 2011, pour résumer l'esprit du livre.

La nouvelle secrétaire d'État, fondatrice du réseau "Maman travaille", délivrait également des conseils de bonne conduite pour le moins surprenants : "ne pas prendre de dessert si personne d'autre n'en prend à votre table", "partagez vos Twix avec votre voisin dans l'avion". "On mangera une sucette, pour rappeler l'aspect phallique du geste, mais pas un sandwich, qui pourrait faire penser à votre indélicate surcharge pondérale", écrivait Daria Marx en février 2011. "Je ne comprends pas pourquoi l'auteure pense utile de rappeler aux grosses qu'il faut se laver les dents, se laver, se maquiller", ajoutait-elle également.


"Ce livre n'a pas la prétention de détenir la vérité ultime sur toute la vie sexuelle des rondes", se justifiait la secrétaire d'État auprès de L'Obs en 2011. "C'est un livre érotico-rigolo sur/pour les rondes. Mon but en écrivant ce livre c'était justement de sortir les rondes du ghetto comme je le fais dans l'agence de presse où je travaille", ajoutait-elle. "J'essaye d'habituer l'œil à voir des rondes, de sortir un peu de ces clones maigres-jeunes-blondes... Si une seule jeune femme ronde referme ce livre en ayant un peu plus confiance en elle-même : c'est gagné".

Blogueuse, conférencière, Marlène Schiappa - originaire de Corse - a également écrit une quinzaine d'ouvrages dont le dernier paru en février, "Où sont les violeurs?" (Ed. de l'Aube), un essai sur la "culture du viol". Elle a également travaillé quelques semaines en 2016 au cabinet de Laurence Rossignol, ministre chargée des Droits des femmes sous le quinquennat Hollande.

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