La ministre des Outre-mers et des élus guyanais demandent un "fond international" contre les feux de forêt en Amazonie

La ministre des Outre-mers et des élus guyanais demandent un "fond international" contre les feux de forêt en Amazonie
La ministre des Outre-mer, Annick Girardin souhaite que ce fond permette des "actions de lutte concrètes".

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 25 août 2019 à 08h21

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, et des élus de Guyane réclament dimanche 25 août la création d'un fonds international "contre les feux de forêt et pour le reboisement". 

La forêt amazonienne brûle et la communauté internationale doit se mobiliser. Voilà ce que demandent en substance la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, et des élus de Guyane, dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche, dimanche 25 août et qui appelle à la création d'un "fonds international "contre les feux de forêt et pour le reboisement". 

"La France, pays d'Amazonie. Préservons ce bien commun de l'humanité", s'intitule leur tribune, qui rappelle que la Guyane, territoire français d'Amérique du Sud, est touchée directement par ces incendies.



Vendredi, Emmanuel Macron avait déclaré "Nous sommes Amazoniens", ajoutant : "On l'oublie souvent, le président brésilien (Jair Bolsonaro) l'oublie : la plus grande frontière extérieure de la France, c'est entre la Guyane et le Brésil". Depuis quelques jours, les feux en Amazonie, l'un des poumons verts de la Terre, se sont invités en urgence au menu du sommet du G7.

"Lancer des actions de lutte concrètes"

"Alors que la forêt amazonienne, qui s'étend sur neuf pays dont la France, a perdu plus de 550.000 km2 ces dix dernières années, soit la superficie de l'Hexagone, c'est plus de 2.500 km2, équivalent à la taille de La Réunion, qui ont été abattus pendant le seul mois de juillet, principalement au Brésil", déplorent les signataires de la tribune, dont Rodolphe Alexandre, président de la collectivité territoriale de Guyane, et Sylvio Van Der Pijl, président du grand conseil coutumier des populations amérindiennes et bushinengué. Les signataires de la tribune se désolent de la perte de ces "puis de carbone annihilés", et d'une "diversité exeptionnelle qui disparaît peu à peu". Ils se félicitent également du refus d'Emmanuel Macron de ratifier en l'état l'accord commercial UE-Mercosur.

Les élus plaident pour la création d'un "fonds international, qui ne serait pas directement dépendant des États, et qui pourrait, en fonction des montants rassemblés, lancer des actions de lutte concrètes, ponctuelles, ciblées directement sur les acteurs locaux, contre les feux de forêt et pour le reboisement". Il soulignent que "les habitants autochtones de la forêt" sont les "premiers impactés". Les signataires demandent par ailleurs "à l'Union européenne de doubler son fonds de développement interrégional dédié à la biodiversité et au développement de l'Amazonie".



L'armée a été mobilisée samedi au Brésil pour lutter contre les centaines de nouveaux incendies de forêts, alors que la pression internationale s'est encore accrue pour pousser Jair Bolsonaro à agir. Le président brésilien a limogé début août le patron de l'Institut national brésilien de recherche spatiale (INPE) après avoir jugé mensongères les données publiées par cet institut : elles montraient que la déforestation en juillet avait été quasiment quatre fois supérieure à celle enregistrée durant le même mois de 2018.

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