La manœuvre d'un sénateur LR pour continuer à travailler avec sa fille

La manœuvre d'un sénateur LR pour continuer à travailler avec sa fille
Le Sénat le 17 novembre 2016

Orange avec AFP, publié le mercredi 27 septembre 2017 à 08h52

POLITIQUE. Pour contourner la loi de moralisation de la vie publique, l'élu de Charente-Maritime Daniel Laurent envisage de faire embaucher sa fille par une collègue et d'employer en retour la sienne.

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, les ministres, parlementaires et exécutifs locaux n'ont plus le droit d'employer des membres de leur famille proche, sous peine de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende, depuis l'adoption cet été de la loi de moralisation "pour la confiance dans la vie politique".



En Charente-Maritime, les deux sénateurs Les Républicains (LR) Daniel Laurent et Corinne Imbert et le sénateur socialiste Bernard Lalande sont concernés, rapporte mardi 26 septembre Sud-Ouest. Mais visiblement, Daniel Laurent n'est pas prêt à se séparer de sa fille.

Voici sa proposition : "Ou je me sépare de ma fille, car la loi l'impose. Soit, avec Corinne Imbert (qui emploie aussi sa fille, ndlr), on intervertit nos filles et on fait un cabinet commun. Rien n'est encore décidé", cite le quotidien régional.

Une idée qui ne convainc pas du tout sa collègue. "Cela porte à confusion" aurait-elle estimé, rapporte Sud-Ouest. Sa fille, Stéphanie Imbert, est bien plus catégorique. "Ni troc ni interversion, le 15 mars j'envisage bien autre chose que du bidouillage. Chacun son éthique", a-t-elle tweeté.



La pratique est en effet légale. En cas "d'emploi croisé", il y a néanmoins une obligation de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour les membres du gouvernement et exécutifs locaux, et auprès de l'organe de déontologie de leur assemblée pour les parlementaires.

De son côté, Bernard Lalande doit licencier sa compagne. S'il avoue que ce n'est pas de gaieté de cœur, il ajoute : "C'est la loi. Je n'ai pas de commentaire à faire."

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