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La maire de Marseille Michèle Rubirola démissionne

La maire de Marseille Michèle Rubirola démissionne
Le 15 décembre 20202, Michèle Rubirola a annoncé devant la presse qu'elle quittait ses fonctions de maire de Marseille.

, publié le mardi 15 décembre 2020 à 15h10

Malgré sa démission, Michèle Rubirola "reste une femme engagée au service de ma ville". Elle souhaite que son premier adjoint Benoît Payan la remplace à la tête de la mairie de Marseille. 

"J'ai pris la décision de quitter mes fonctions de maire de Marseille".

Au cours d'une conférence de presse, Michèle Rubirola, la maire de l'union de la gauche du "Printemps marseillais", a annoncé qu'elle démissionnait, confirmant ainsi les informations de plusieurs médias. Elle a évoqué des raisons de santé, rappelant qu'elle avait dû subir une opération chirurgicale fin septembre. "J'ai connu dès l'été les premières difficultés liées à ma santé. (...) Ces épreuves limitent l'énergie que je peux mobiliser. Être maire de Marseille c'est 300% de son temps. Et j'en donne 150%", a-t-elle déploré. 




Michèle Rubirola a également assuré que sa fonction de médecin, dans cette période de crise sanitaire forte liée au Covid-19, avait également pesé dans la balance. "C'est pour cela que j'ai pris la décision de quitter mes fonctions de maire, j'en ai informé le préfet ce mardi", ajoute-t-elle.

Benoît Payan pour la remplacer ?

"Je suis bien plus attachée à ce projet qu'à un titre. Je sais aujourd'hui que pour que nous réussissions, ce n'est plus à moi de mener le collectif", a-t-elle poursuivi, avant de faire part de sa volonté de voir son premier adjoint, le socialiste Benoît Payan, la remplacer. "Depuis le premier jour, nous sommes côte à côte. Nous formons un binôme. Je souhaite que notre binôme continue et s'inverse et que Benoit devienne maire. C'est de son énergie et son expérience dont Marseille a besoin aujourd'hui", a-t-elle insisté. "Je reste une femme engagée au service de ma ville", a-t-elle par ailleurs assuré, expliquant qu'elle ne quittait pas l'équipe municipale."

Leader du Parti socialiste local, ce dernier avait renoncé à être tête de liste aux municipales pour permettre une vaste union de la gauche, d'une partie de la France Insoumise au PS. Il avait déjà assuré l'intérim en septembre dernier. 


"Marseille n'a jamais été aussi près de sombrer"

Médecin et écologiste, Michèle Rubirola avait été élue le 4 juillet par le conseil municipal après la victoire aux dernières municipales d'une coalition de gauche, "Le Printemps marseillais", qui avait mis fin à vingt-cinq années au pouvoir de la droite conduite par l'ancien maire Jean-Claude Gaudin. "Cette élection a tourné une page dans l'histoire de la ville, d'affairisme et de clientélisme, d'une gestion opaque et inefficace. Notre diversité n'est pas classique, elle ressemble à Marseille, frondeuse et fraternelle", s'est-elle félicitée ce mardi. 

Néanmoins, la maire de la cité phocéenne a connu des difficultés. "Nous avons découvert l'état dans lequel notre ville a été laissée. Nos capacités d'investissement sont atrophiées, nos ressources exsangues, notre patrimoine est dégradé. C'est une situation exceptionnelle et depuis 1945, Marseille n'a jamais été aussi près de sombrer", a-t-elle assuré.  "Il y a en médecine les spécialistes du temps long et les urgentistes. Je suis de la première catégorie. Et c'est de la seconde dont nous avons besoin à Marseille", a-t-elle justifié. 

Des rumeurs

Depuis ses débuts à la mairie début juillet, Mme Rubirola s'était mise en retrait à plusieurs reprises, pour des vacances en août, pour une intervention chirurgicale en septembre et enfin, fin octobre, car elle était "cas contact" au Covid-19. Pas à l'aise face aux caméras, elle laissait souvent la place à son premier adjoint. Ce "tandem" déstabilisait ses adversaires politiques, dont le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier (LR), qui avait glissé à la presse en octobre : "Je ne veux pas discuter avec un duo mais avec la maire!". 

"Michèle Rubirola est la première victime du Printemps Marseillais, elle aura été dévorée en six mois par sa majorité. Je pense à Marseille, déjà en souffrance face aux crises du Covid-19. Je pense aux Marseillais. La région fera tout pour les aider à traverser cette épreuve !", a-t-il commenté sur Twitter.

Alors que les rumeurs sur une démission de la maire enflaient après un article du Monde rapportant que l'élue envisageait de partir après trois mois dans le fauteuil de maire, Michèle Rubirola et Benoît Payan avaient coupé court, dans une interview en duo à Libération fin octobre. "Aujourd'hui, je suis ici et j'y reste", affirmait la sexagénaire, tout en glissant: "On ne sait pas ce qui va arriver, comme la maladie".

"Il faut repasser par les urnes"

"C'est une élection volée aux Marseillais, le Printemps marseillais nous fait la preuve de son hold-up électoral", fulminait à la mi-journée sur BFMTV la députée LREM des Bouches-du-Rhône, Claire Pitollat. "Il faut repasser par les urnes, il faut respecter les Marseillais" afin qu'ils aient "le maire qu'ils méritent", a-t-elle ajouté.

"C'est un arrangement entre amis, je crois qu'il n'a jamais été question en réalité que Michèle Rubirola soit maire, et que parce qu'il y a eu des exigences de boutiques d'états-major", avait également fustigé le président du groupe Rassemblement national au conseil municipal de Marseille. "Le PS s'est mis en retrait pour sortir du bois le moment venu, c'est ce qui se passe aujourd'hui. C'est le plan qui a été prévu et qui n'a pas été présenté aux Marseillais, qui ont été floués", a-t-il ajouté. "C'est pour cela que je demande un retour aux urnes, ce n'est pas avec ce genre de méthodes qu'on va redorer le blason de la politique", a-t-il réclamé. 

La démission du maire d'une grande ville en cours de mandat - hormis nomination à de plus hautes fonctions - n'est pas une première mais est en général liée à une mise en cause par la justice, comme ce fut le cas pour l'ancien maire de Nice Jacques Médecin en 1990 à la suite de sa mise en examen pour délit d'ingérence. L'ancien maire de Bordeaux Alain Juppé avait également dû renoncer à ses fonctions électives en 2004 après sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

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