La Justice va "connaître un budget qu'elle n'a pas connu depuis longtemps", promet Éric Dupond-Moretti

La Justice va "connaître un budget qu'elle n'a pas connu depuis longtemps", promet Éric Dupond-Moretti
Le nouveau ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, le 11 juillet 2020 à Paris.

, publié le lundi 13 juillet 2020 à 13h53

En visite dans un centre éducatif fermé pour mineurs délinquants en Seine-Saint-Denis lundi 13 juillet, le nouveau garde des Sceaux a déploré "deux problèmes" au sein de la Justice : "le manque de moyens et de mauvaises habitudes".

Nommé ministre de la Justice depuis une semaine, Éric Dupond-Moretti multiplie les déplacements sur le terrain. Le garde des Sceaux s'est rendu lundi 13 juillet à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) pour visiter un centre éducatif fermé (CEF) pour mineurs délinquants où il a échangé avec des "gamins déchirés par la vie", qu'"il faut aider". 




"J'ai toujours pensé qu'il valait mieux construire une école qu'une prison.

Les gamins qui sont là sont déchirés par la vie", a déclaré l'ancien avocat pénaliste. "Ces gamins vont revenir un jour ou l'autre dans la société civile et il faut qu'ils reviennent meilleurs, je crois en cela passionnément", a-t-il ajouté. "Ces gamins là, pour la plupart d'entre eux, n'ont pas eu de chance. Il faut les aider." Éric Dupond-Moretti a rendu hommage au personnel "magnifique" qui travaille dans ce CEF pour donner à ces mineurs "une colonne vertébrale". "Les gens qui travaillent ici le font par passion. C'est difficile, c'est gratifiant en même temps." 

"Ça tranche avec le discours sécuritaire de ces dernières années", a réagi auprès de l'AFP le député LFI Eric Coquerel, présent à la visite. "Ce n'est pas habituel qu'un ministre rappelle qu'en prison, ou dans les centres de ce type, l'objectif est aussi la réinsertion, pas seulement la punition". "J'espère qu'il aura les moyens de sa politique", a-t-il ajouté. 

Ce à quoi s'est engagé Éric Dupond-Moretti lundi matin. Déplorant "deux problèmes" au sein de la Justice, "le manque de moyens et de mauvaises habitudes", il a promis que la Justice allait "connaître un budget qu'elle n'a pas connu depuis longtemps". 




Le nouveau ministre de la Justice a également réagi auprès des médias à la demande de Jean-Luc Lennon, procureur de la République de Basse-Terre, d'être démis de ses fonctions et de revenir dans son lieu d'affectation initial qui est le parquet général, à la suite de sa nomination. 



"Le procureur de Basse-Terre a le droit de faire ce qu'il a fait", a rétorqué Éric Dupond-Moretti. "Il est parti au parquet général, il n'est pas à l'ANPE (Agence nationale pour l'emploi, ancien nom de Pôle Emploi, ndlr), c'est son droit, je respecte cela infiniment". "Il a dit qu'en tant que procureur il ne pouvait pas être loyal, j'espère qu'il le sera en tant que membre du parquet général. Qu'est ce que vous voulez que je dise d'autre?", a-t-il lancé, un peu agacé, pour clore le sujet. 

 

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