"La gauche ne propose rien, c'est ça le problème", regrette François Hollande

"La gauche ne propose rien, c'est ça le problème", regrette François Hollande
François Hollande, le 2 mars 2021, à Lyon.

publié le lundi 10 mai 2021 à 12h30

Alors que seul un électeur sur quatre envisage de voter pour la gauche pour les présidentielles de 2022, François Hollande exhorte le PS à définir d'abord "un programme" autour duquel construire l'union pour l'élection présidentielle au lieu de rester dans la "gesticulation".

Quarante ans après la victoire de François Mitterrand, le 10 mai 1981, la Mitterrandie a cherché dimanche 9 mai au Creusot (Saône-et-Loire) des raisons d'espérer un retour de la gauche au pouvoir, alors que seul un électeur sur quatre envisage de voter pour la gauche pour les présidentielles de 2022. "A quoi sert le passé, si ce n'est à retenir des leçons pour l'avenir ?", a estimé lundi François Hollande sur France Inter.

"Est-ce qu'aujourd'hui ces leçons sont encore valables, est-ce que le socialisme tel qu'il pouvait être imaginé en 1981 a un sens aujourd'hui ? Est-ce que la gauche qui est victorieuse en 1981 ou en 1997 et 2012 peut de nouveau être un facteur d'espérance ou est-ce que cette histoire est terminée ? Non, elle ne l'est pas", a-t-il insisté.



Aujourd'hui la "France a besoin de la gauche", a martelé l'ancien président socialiste, "pour assurer une relance économique et écologique dans de bonnes conditions après 2022, pour assurer une place de l'Etat qui permette de garantir la cohésion nationale, pour une politique fiscale qui permette une redistribution des richesses, pour que l'éducation prenne toute sa place pour assurer le pacte républicain, pour réussir une transition qui va être extrêmement difficile, la transition écologique."

La gauche "ne se met d'accord sur rien"

"Le problème, c'est que la gauche ne propose rien, elle est toujours en train de rechercher je ne sais quelle union, de provoquer je ne sais quelle réunion, d'assurer qu'elle va se mettre d'accord alors qu'en fait elle ne se met d'accord sur rien", a-t-il néanmoins déploré, alors que les responsables de la gauche et écologistes se son réunis il y a trois semaines en vue de la présidentielle. Ils ont convenu de se retrouver fin mai pour parler du programme, mais tous ne partagent pas l'urgence d'une candidature commune pour 2022.



"Ce que je propose", a fait valoir M. Hollande, c'est qu'"une force socialiste (...) fasse un projet, un programme, et l'ouvre à la discussion, avec des partenaires, avec les Français", car "le premier acte de la politique, c'est des idées, (...), de la proposition, pas simplement de la gesticulation, de la combinaison, des arrangements, des tables rondes". Donc "le premier acte c'est faire un projet, le second proposer la discussion, le troisième avoir une force politique qui au premier tour fasse le score le plus élevé, et enfin faire l'union". 

Sur France 2, le patron du PS Olivier Faure a souligné qu'il "aurai(t) aimé que tous ces gens qui font des leçons soient aussi là pour aider le Parti socialiste", en soulignant que le PS "était à 6%" quand il en est devenu le premier secrétaire.

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