"La France prendra toute sa part" dans l'accueil de ressortissants afghans, assure Gabriel Attal

"La France prendra toute sa part" dans l'accueil de ressortissants afghans, assure Gabriel Attal
Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, le 13 juillet 2021.

publié le mercredi 18 août 2021 à 15h25

Le porte-parole du gouvernement a également plaidé en faveur d'une "initiative internationale" pour une "répartition des demandeurs d'asile".

"La France accueillera, comme chaque année, plusieurs milliers d'Afghans", a assuré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal mercredi 18 août. "La France prendra toute sa part, elle accueillera comme elle le fait déjà", a-t-il poursuivi lors d'un déplacement à Brignoles (Var).



"Chaque année, vous avez plusieurs milliers d'Afghans qui reçoivent l'asile dans notre pays parce qu'ils fuient les persécutions et la guerre", a insisté le porte-parole du gouvernement qui a toutefois ajouté que "dans les heures et les jours (qui viennent), la priorité c'est d'évacuer nos ressortissants français et les ressortissants afghans qui ont travaillé avec la France et qui sont menacés à ce titre".  

La France a évacué dans la nuit de mardi à mercredi de Kaboul vers Abou Dhabi 216 personnes dont 184 Afghans "de la société civile en besoin de protection", attendus à Paris dans la journée. Mardi, 41 ressortissants français et étrangers avaient déjà été exfiltrés de Kaboul par la France, grâce au pont aérien mis en place après la prise de pouvoir par les talibans dimanche. 

Si Gabriel Attal a assuré que la France "sera au rendez-vous" et "répondra à son devoir de solidarité et d'humanisme", il a souligné que "ce serait mentir aux Français que de ne pas dire qu'il faut organiser ces choses-là, au niveau européen et au niveau international". Il a plaidé, comme Emmanuel Macron lundi, en faveur d'une "initiative internationale" pour une "répartition des demandeurs d'asile", sans préciser combien d'Afghans la France s'attendait à accueillir dans les prochaines semaines.

Revenant sur la polémique déclenché par les propos d'Emmanuel Macron, le porte-parole Gabriel Attal a déclaré "regretter l'instrumentalisation politique de propos tronqués, de bouts de phrases, qui est faite par certains responsables politiques". 

Le chef de l'Etat avait assuré, lundi lors d'une allocution télévisée, que "la France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés". Avant d'ajouter : mais "nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature".

Ces déclarations ont suscité l'indignation de nombreuses figures de l'opposition à gauche et de plusieurs associations. L'Elysée a répliqué en assurant que "nous n'avons pas du tout à rougir car nous sommes l'un des pays qui accueillent le plus d'Afghans et qui leur donnent le plus de protection".

Depuis 2018, la France reçoit quelque 10.000 demandes d'asile d'Afghans chaque année pour un total d'environ 50.000 pour l'ensemble des pays de l'Union européenne. L'Ofpra (l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides), qui a traité 8.200 dossiers depuis le début de l'année, accorde la demande de protection dans 64% des cas, un chiffre qui atteint 89,9% après examen des recours, contre une moyenne de 63% sur l'ensemble de l'UE, selon les chiffres donnés par la présidence française.

Emmanuel Macron a lui-même répondu aux critiques, mardi soir à Bormes-les-Mimosas, en déclarant : "On gagnera tous beaucoup d'énergie et de temps à ce que tous ceux qui passent leur journée à commenter prennent onze minutes de leur temps pour écouter ce que j'ai dit".
 

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