La France insoumise dénonce "les mensonges" de Marine Le Pen et fustige son manque de "propositions sérieuses"

La France insoumise dénonce "les mensonges" de Marine Le Pen et fustige son manque de "propositions sérieuses"
Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, le 14 janvier 2021.

, publié le vendredi 12 mars 2021 à 14h25

La présidente du Rassemblement nationale était l'invitée de BFMTV jeudi soir. Elle a défendu son projet politique, un projet selon elle "raisonnable" et destiné à "rassurer" les Français".

"Ignorance", "mensonges", "mépris de classe"...

La France insoumise a vivement critiqué la prestation de Marine Le Pen sur BFMTV, jeudi 11 mars, dénonçant notamment son manque de "propositions sérieuses". "En face de la droite ultra libérale macroniste, Mme Le Pen a pris avec succès l'habit de la droite conservatrice traditionnelle. Le Système peut compter sur elle", a fustigé le leader des insoumis Jean-Luc Mélenchon. 



"Dès qu'elle sort de son bac à sable 'immigration-voile-délinquance', il n'y a plus personne. 2h30 d'émission, pas un mot sur les 10 millions de pauvres en France. Seule idée neuve : rembourser la dette. Waouh !", a ironisé le numéro deux du mouvement et député du Nord Adrien Quatennens.

Pour le député de Seine-Saint-Denis Bastien Lachaud, elle n'a fait qu'"enfiler des perles plutôt que de répondre et de dire comment elle compte gouverner". "Eh oui, pas facile quand on n'a aucune proposition sérieuse et concrète et qu'on se contente de surfer sur le désespoir et la haine en trompant le peuple", a-t-il critiqué.


Sur le terrain économique, Jean-Luc Mélenchon s'est inscrit en faux contre l'affirmation de la présidente du Rassemblement national selon laquelle "plus personne ne parle" des critères de Maastricht qui imposent que le déficit public n'excède pas 3% du produit intérieur brut (PIB). Quant à l'eurodéputée Manon Aubry, elle a appelé BFMTV à proposer "au RN un débat économique sérieux". "Économie : Immigration. Écologie : Immigration. Chômage : Immigration. Crise sociale : Immigration. Crise sanitaire : Immigration. Bref du Le Pen, depuis 40 ans", a résumé la députée du Val-de-Marne Mathilde Panot.

Les députés de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain et Alexis Corbière l'ont par ailleurs accusée de caricaturer leur département, leur homologue Eric Coquerel dénonçant une "ignorance" et des "mensonges à la hauteur de son mépris de classe".


Jeudi soir sur BFMTV, la dirigeante d'extrême droite a défendu, sur un ton mesuré, loin des outrances de 2017, un projet, selon elle, "raisonnable" destiné à "rassurer" les Français qui ont "entendu beaucoup de (...) choses fausses" et "caricaturales" à son égard. Marine Le Pen a ainsi contesté l'accusation de "xénophobie" à son encontre et assuré qu'elle n'avait "pas peur des étrangers".

"Je considère juste que c'est néfaste pour mon pays. Je vois juste les effets négatifs d'une immigration clandestine, qui pèse sur nos finances publiques, qui est un des éléments de l'aggravation de l'insécurité dans notre pays, qui génère des troubles à l'ordre public, qu'on doit prendre en charge", a-t-elle expliqué. En quête de crédibilité notamment sur l'économie, Mme Le Pen a redit jeudi qu'elle était désireuse de rembourser la dette Covid mais sans "austérité budgétaire" et a défendu une politique d'investissements financée par "un grand emprunt national".

Elle a également indiqué vouloir former, si elle est élue présidente en 2022, un "gouvernement d'union nationale", n'excluant pas d'y intégrer sa nièce Marion Maréchal, qui plaide pour une "union des droites". Elle a a ajouté qu'elle "n'envisageait pas le pouvoir comme l'envisage Emmanuel Macron" et qu'elle comptait "écouter et surtout donner la parole aux Français".


Selon un sondage paru jeudi, près de la moitié des électeurs (48%) juge probable voire certaine une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2022, la présidente du Rassemblement national étant perçue comme la mieux à même d'incarner une opposition à Emmanuel Macron.

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