La France accuse l'Italie d'ingérence et rappelle son ambassadeur

La France accuse l'Italie d'ingérence et rappelle son ambassadeur
Le quai d'Orsay le 2 décembre 2013.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 07 février 2019 à 14h35

"Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable", a estimé le ministère des Affaires étrangères, après la rencontre entre le vice-Premier ministre italien et des "gilets jaunes". Depuis plusieurs mois, les relations entre la France et l'Italie se dégradent. 

La France rappelle son ambassadeur en Italie jeudi 7 février, annonce le ministère des Affaires étrangères. "La France a fait, depuis plusieurs mois, l'objet d'accusations répétées, d'attaques sans fondement, de déclarations outrancières que chacun connaît et peut avoir à l'esprit", a déclaré la porte-parole du Quai d'Orsay dans un communiqué. "Cela n'a pas de précédent, depuis la fin de la guerre (...) Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable", a ajouté Agnès von der Mühll.




En cause ? La rencontre, mardi en France, du vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio, chef de file du "Mouvement 5 étoiles" (M5S, antisystème), avec des "gilets jaunes". 



Luigi Di Maio a annoncé sur les réseaux sociaux avoir rencontré des responsables des "gilets jaunes", en concluant : "Le vent du changement a franchi les Alpes.

Je répète : le vent du changement a franchi les Alpes". Cette rencontre a fait suite à une série de propos d'une rare violence de Luigi Di Maio, comme du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, patron de l'extrême droite italienne, à l'encontre de l'exécutif français. 

Macron, "très mauvais président"

Matteo Salvini, patron de la Ligue du Nord (extrême droite) et homme fort du gouvernement italien, a ainsi dit espérer que le peuple français se libère bientôt d'un "très mauvais président". Des propos totalement inédits entre responsables de pays fondateurs de l'UE. "Avoir des désaccords est une chose, instrumentaliser la relation à des fins électorales en est une autre", a poursuivi la porte-parole du Quai d'Orsay. 


"Nous ne voulons nous fâcher avec personne, les polémiques ne nous intéressent pas : nous sommes des gens concrets et nous défendons les intérêts des Italiens", a réagi Matteo Salvini dans un communiqué. "Nous sommes tout à fait disposés à rencontrer le président (français Emmanuel) Macron et le gouvernement français, à nous asseoir autour d'une table", a-t-il ajouté. 

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