La femme voilée invectivée par un élu RN est "une militante", estime Marine Le Pen

La femme voilée invectivée par un élu RN est "une militante", estime Marine Le Pen
Marine Le Pen, le 13 juin 2019.

, publié le jeudi 17 octobre 2019 à 12h13

La présidente du Rassemblement national a dénoncé jeudi l'interview de la femme voilée interpellée par Julien Odoul au site du Collectif contre l'islamophobie en France. Une structure "très proche des Frères musulmans" et "qui défend une vision radicale de l'islam", selon elle. 

La mère voilée prise à partie vendredi dernier par l'élu du Rassemblement national Julien Odoul lors d'une sortie scolaire au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a décidé de porter plainte à Dijon et à Paris, a annoncé mercredi 16 octobre le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). 

"Cette plainte est à l'initiative du CCIF", "une organisation extrémiste et islamiste qui récupère l'affaire", a réagi jeudi M.

Odoul auprès de l'AFP. "Nous sommes dans une opération de victimisation de la part d'un organisme qui fait la promotion d'une idéologie qui n'a rien à voir avec la République française", a-t-il dénoncé. 

Même son de cloche du côté de Marine Le Pen. "Tout dit qu'elle est une militante en réalité. Parce qu'aucun (...) journaliste n'a réussi à la contacter et que le premier interview qu'elle donne c'est au travers d'une structure (...) très proche des Frères musulmans" et qui "défend une vision radicale de l'islam", a déclaré sur Europe 1 la présidente du parti. 

"Aujourd'hui, j'ai une opinion négative de ce qu'on appelle la République", avait notamment déclaré cette femme dans cet entretien accordé au CCIF.

Le voile, "marqueur de la radicalité de l'islam"

Comme bon nombre de ses collègues du RN, la députée du Pas-de-Calais a critiqué l'interpellation de cette mère de famille par M. Odoul sur la forme mais pas sur le fond. "J'ai trouvé cette interpellation rugueuse et certainement maladroite même si, sur le fond, (M. Odoul) a posé la bonne question", a commenté Marine Le Pen.
 
La dirigeante d'extrême droite s'est par ailleurs dite "d'accord" avec le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, qui ne juge "pas souhaitable" le port du voile en sortie scolaire, "marqueur de la radicalité de l'islam", selon elle. Le RN veut étendre la loi de 2004, qui interdit le port de signes religieux à l'école, à "tout l'espace public". 




Marine Le Pen a estimé que "personne ne (faisait) les amalgames" évoqués par Emmanuel Macron, qui a appelé mercredi à ne pas "stigmatiser" les musulmans, dénonçant un "raccourci fatal" entre lutte contre le terrorisme et islam.

"Tous ceux qui dénoncent l'islamisme dénoncent, non pas la religion, mais la volonté au travers d'une radicalité de cette religion, d'imposer un agenda politique", a-t-elle fait valoir, en jugeant "inquiétant" que M. Macron ne prenne à cet égard "aucune décision".
 

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