La droite dénonce les propos de Jean-Paul Delevoye sur l'immigration

La droite dénonce les propos de Jean-Paul Delevoye sur l'immigration
Jean-Paul Delevoye à l'Élysée, le 25 novembre 2019.

, publié le vendredi 29 novembre 2019 à 20h49

Lors d'une réunion, le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye,  a estimé que 50 millions d'immigrés seraient nécessaires d'ici à 2050 en Europe. Il a également comparé la situation des juifs dans l'Histoire avec celle des musulmans aujourd'hui, suscitant la colère à droite.

Déjà repris sur ses propos concernant la "clause du grand-père", Jean-Paul Delevoye est à nouveau sous le feu des critiques, de la droite et de l'extrême-droite cette fois. 

Les Républicains et le Rassemblement National ont dénoncé, vendredi 29 novembre, la "scandaleuse rhétorique" du Haut-Commissaire aux Retraites.

Il a estimé dans la journée qu'il faudra "50 millions de population étrangère pour équilibrer la population active en Europe en 2050".


"La démographie européenne et son vieillissement fait que, si on veut garder le même nombre d'actifs dans la machine économique, il va falloir 50 millions de population entre guillemets étrangère pour équilibrer la population active en 2050 en Europe", a déclaré M. Delevoye lors d'une réunion avec des jeunes dans la matinée à Créteil pour défendre la réforme des retraites, à quelques jours d'une grève qui s'annonce massive.

"On cherche un bouc émissaire : hier c'était le juif, aujourd'hui c'est le musulman"

M. Delevoye a ajouté que "plus un politique n'est capable de parler d'immigration parce que tout le monde s'hystérise". "On est dans un moment très malsain de notre démocratie où on cherche à jeter en bouc émissaire: hier c'était le juif, aujourd'hui c'est le musulman, après demain ça sera encore un autre", a jugé l'ancien ministre de Jacques Chirac.

Relayés par le Figaro, ces propos ont provoqué une levée de boucliers à droite. "Indigne d'un membre du gouvernement", a tweeté Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, dénonçant la "scandaleuse rhétorique" de M. Delevoye et regrettant que le gouvernement "préférait encourager l'immigration plutôt que la natalité".

"Entre la défense de l'équilibre des retraites par l'immigration massive et le parallèle douteux et inacceptable entre 'le juif d'hier et le musulman d'aujourd'hui' Jean-Paul Delevoye jette le trouble sur une réforme des retraites déjà bien mal embarquée", a enchéri le député LR Eric Ciotti.

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a appelé les électeurs à "se réveiller d'urgence et reprendre en main leur destin", face aux membres du gouvernement qui "ont une feuille de route immigrationniste dont ils ne changeront pas". "Effrayant !", a ajouté le vice-président du RN Jordan Bardella.

Dans la soirée, M. Delevoye a regretté que ses propos "sortis de leur contexte" aient "été interprétés de façon erronée par certains". "Mon opinion est que l'immigration est un sujet sensible qui cristallise les oppositions, et crée les divisions", a-t-il insisté dans un communiqué, ajoutant que l'action du gouvernement allait permettre à la France de "répondre aux besoins de l'économie à court et moyen terme".
 

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