La droite crie haro sur le PNF après la condamnation de Sarkozy

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Le député LR Olivier Marleix, à l'Assemblée nationale, le 24 février 2020
Le député LR Olivier Marleix, à l'Assemblée nationale, le 24 février 2020
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© AFP, Ludovic MARIN

, publié le mardi 02 mars 2021 à 20h11

Au lendemain de la condamnation de Nicolas Sarkozy à de la prison ferme, la droite concentre ses attaques sur le Parquet national financier, une de ses bêtes noires, qu'elle accuse d'avoir joué un rôle politique dans le procès.

"Quand certains juges se mettent à faire de la politique, le rôle des élus du peuple, c'est de le dénoncer fortement", a affirmé mardi sur LCI le numéro 2 de LR Guillaume Peltier, pour qui "il n'y a plus de justice" quand "le poison de la politisation et de la partialité pèse sur la justice".

Nicolas Sarkozy a été condamné lundi à trois ans de prison dont un ferme pour "corruption et trafic d'influence" dans l'affaire dite des "écoutes", une décision dont il fera appel.

Les Républicains avaient apporté leur soutien à l'ancien chef de l'Etat, que certains rêvaient en recours pour la présidentielle de 2022, et qui sera l'invité du journal de 20H mercredi sur TF1.

Mardi, ses soutiens s'en sont pris vivement au fonctionnement de la justice.

"Je croyais que dans notre pays, on ne condamnait pas sans preuves, on condamne Nicolas Sarkozy sur des faits qui n'existent pas", a regretté sur Radioclassique le député de l'Oise LR Eric Woerth, en déplorant l'utilisation des écoutes entre l'ancien chef de l'Etat et son avocat dans le procès.

"Nous avons des questions à nous poser sur la manière dont l'Etat de droit fonctionne en France", a estimé sur Public Sénat l'eurodéputé François Xavier Bellamy.

Mais les attaques se concentrent sur le Parquet national financier.

"Beaucoup de choses ont dysfonctionné. Le PNF a été très habile dans sa communication en instrumentalisant un combat qui est un combat purement juridique", a déclaré l'avocate de M. Sarkozy, Me Jacqueline Laffont.

Le procureur national financier Jean-François Bohnert a balayé ces commentaires: "La justice politique renvoie à d'autres pays, d'autres sphères géographiques", a-t-il affirmé sur RTL.

- "A charge" -

Une intervention peu goûtée chez LR : "Non, Monsieur Bohnert, la décision rendue ne prouve pas votre indépendance, parce que vous n'êtes pas indépendant, vous avez été choisi et nommé par l'actuel président de la République", a lancé le député d'Eure-et-Loir Olivier Marleix, pour qui "le PNF s'est invité trop bruyamment dans le fonctionnement de notre démocratie".

Pour le député LR du Nord Pierre-Henri Dumont, le PNF "instruit des dossiers à charge quasiment uniquement contre des personnalités de droite, alors que certaines personnalités proches du pouvoir se retrouvent, elles, sans procès programmé".

A droite, cette condamnation réveille les souvenirs amers de 2017, lorsque François Fillon avait été éliminé dès le premier tour de la présidentielle. Or, une enquête avait été ouverte par le PNF quelques mois avant dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse Pénélope, faisant exploser la campagne.

"Il y aura un avant et un après cette affaire Sarkozy que je lie quand même très fort à l'affaire Fillon", a affirmé mardi soir la sénatrice LR Valérie Boyer. "Sans le PNF, je pense qu'Emmanuel Macron ne serait pas président de la République", a-t-elle ajouté.

Les investigations du PNF avaient aussi abouti à la condamnation de François Fillon à cinq ans d'emprisonnement (le procès en appel aura lieu en novembre).

Peu avant le prononcé du jugement en juin 2020, une polémique avait éclaté après des déclarations de l'ancienne cheffe du PNF Éliane Houlette, qui s'était émue du "contrôle très étroit" exercé selon elle par le parquet général dans la conduite des investigations dans le dossier Fillon.

La droite était montée au créneau, Nicolas Sarkozy évoquant une "invraisemblable accumulation de manquements et de dysfonctionnements". 

"J'ai l'impression que ce PNF, c'est devenu une officine", avait déclaré son ex-garde des Sceaux, Rachida Dati. Et le député LR Eric Ciotti avait annoncé son intention de déposer une proposition de loi pour le supprimer.

Une idée qui titille toujours la droite: "Je pense que le parquet national financier a vécu parce qu'il affaiblit l'idéal de justice", a affirmé M. Peltier.

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