La "digue" face au RN va-t-elle tenir ? Entre polémiques et sorties médiatiques, Les Républicains se déchirent

La "digue" face au RN va-t-elle tenir ? Entre polémiques et sorties médiatiques, Les Républicains se déchirent©Panoramic

publié le mardi 01 juin 2021 à 11h16

À quelques semaines des élections régionales et départementales, et à moins d'un an de l'élection présidentielle, Les Républicains sont plus divisés que jamais. La crise est profonde, alors que de nombreux cadres dénoncent l'absence d'une ligne politique claire et d'un vrai leader.

La crise semble de plus en plus profonde et presque irréversible du côté des Républicains.

La cacophonie a gagné le parti depuis plusieurs semaines, alors que les élections régionales et départementales des 20 et 27 juin approchent à grands pas. Le parti a été le théâtre d'un affrontement par médias interposés, mais aussi en privé, entre les différents ténors du parti. Au centre de tous les débats se trouve la capacité à se battre contre La République en marche, mais surtout la proximité dénoncée par certains avec le Rassemblement national. Damien Abad, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, a tenu à clarifier ses positions dans Le Figaro, lundi 31 mai. "Il y a une différence de nature et de valeurs entre le Rassemblement national et nous. Il existe une digue qui pour moi est infranchissable. C'est la digue avec l'extrême droite et ses satellites."



Les Républicains, un parti... inutile ?

Les polémiques à outrance, le manque d'une ligne politique claire et les sorties médiatiques de plusieurs membres du parti mettent à mal Les Républicains, alors que l'élection présidentielle a lieu dans moins d'un an. "Plus on fera des appels du pied au RN, plus la droite perdra pied dans l'opinion", a également commenté Damien Abad. D'une certaine manière, LR se retrouve pris en étau entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Un sondage Ipsos/Sopra Steria pour Le Parisien et franceinfo, publié mi-mai, renforçait ce postulat. 35% des sondés seulement trouvaient le parti LR utile, 51% que ses idées sont similaires à celles de LREM et 41% qu'il y a une proximité idéologique avec le RN.

Christian Estrosi, invité de BFM TV mardi 1er juin, en a remis une couche. "Mon regard m'amène à regretter que la clarification faite n'intervienne un peu trop tard. [...] Il y a quatre semaines, je demandais une clarification face à cette espèce de 'ni Macron ni Le Pen', où on sentait que les digues étaient en train de lâcher, ils ont refusé d'apporter cette clarification", a déploré le maire de Nice, qui a officialisé son départ du parti il y a quelques semaines, mais restent proche des ténors LR.

Les propos polémiques de Guillaume Peltier

Un manque de stratégie et de leadership qu'a également pointé du doigt Jean-Pierre Raffarin. L'ancien Premier ministre était l'invité de France 2, mardi 1 er juin. "[Après la crise] s'engagera le match entre Emmanuel Macron et la droite républicaine. Pour le moment, celle-ci n'a clarifié ni sa ligne politique ni son leadership, a-t-il regretté. Les Républicains sont très forts sur le terrain, mais n'ont pas de leader". Un avis partagé par Damien Abad dans Le Figaro, qui faisait état "d'une équipe de France" à qui "il manque l'entraîneur"

De plus, les récents propos de Guillaume Peltier ont remis de l'huile sur le feu. Le numéro 2 des Républicains a expliqué à LCI, dimanche 30 mai, "qu'échanger, discuter, travailler avec Robert Ménard, ne dérange en rien". "Si j'en crois ce que je lis, il y a un certain nombre de convictions communes", a-t-il même affirmé. Le maire de Béziers (Hérault) avait salué sur Twitter l'interview de Guillaume Peltier dans Valeurs Actuelles qui n'a pas manqué de faire réagir. Quelques semaines auparavant, dans le même média, Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, expliquait de son côté : "Ce qui nous différencie du RN, c'est notre capacité à gouverner". Une phrase reprise par le compte Twitter du parti qui avait provoqué un tollé, avant d'être supprimée. Si Christian Jacob, le patron de LR, a tapé du poing sur la table après la sortie de Guillaume Peltier sur LCI, la déliquescence du parti n'est plus, semble-t-il, une hypothèse si farfelue.

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