L'Université d'été du PS remplacée par 5 ou 6 universités régionales

L'Université d'été du PS remplacée par 5 ou 6 universités régionales
Jean-Christophe Cambadélis s'était alarmé ce weekend des menaces adressées aux militants (photo d'archives).

, publié le lundi 04 juillet 2016 à 14h00

- Face aux "risques de violences" liés à la contestation sociale, Jean-Christophe Cambadelis a décidé de remplacer l'université d'été du PS et de ses alliés, prévue fin août à Nantes, par des "universités régionales décentralisées". Celles-ci se dérouleront au mois de septembre.

Le Premier secrétaire du PS avait créé la surprise en février en annonçant la délocalisation de l'événement de La Rochelle à Nantes. -

L'Université d'été du PS 2016 à Nantes n'aura pas lieu. "Je propose au Bureau national" du Parti socialiste (PS) "et à la coordination de la Belle Alliance populaire d'organiser des universités décentralisées tout au long du mois de septembre. Elles auront lieu dans 5 à 6 villes à travers la France", a déclaré ce lundi 4 juillet à l'AFP Jean-Christophe Cambadélis.

"JE NE VEUX PAS ME CONFRONTER À UNE GUÉRILLA"

Organisée à La Rochelle depuis 1993, elle devait se tenir pour la première fois à Nantes les 26, 27 et 28 août mais les conditions de sa sécurité ne semblaient pas réunies : "Je pense que devant les risques de violence à Nantes, où dans tout autre endroit où se tiendrait l'université d'été de la Belle alliance populaire, il vaut mieux reporter, suspendre, l'université de cet été", avait expliqué le Premier secrétaire du PS dimanche sur France 3.


"On nous menaçait de violence sur nos militants, on menaçait de saccager l'ensemble de la ville", a-t-il répété depuis le début du weekend. Les appels à perturber l'université du PS et de ses alliés s'étaient multipliés ces dernières semaines, conjonction de la protestation contre la construction de l'aéroport de Notre-Dames-des-Landes et de celle à la loi travail.

Le Premier secrétaire du PS veut afficher sa responsabilité : "Nous sommes dans une situation où, en quelques semaines, les permanences du PS ont été attaquées, on a même tiré dessus à l'arme à feu, on veut interdire nos meetings. C'est une situation gravissime et moi je ne prend pas la responsabilité de 'détruire une ville', puisque c'est ce que proposaient ces jeunes gens. Je ne prends pas la responsabilité qu'il y ait des blessés". Et d'ajouter : "Évidemment que la police nationale aurait pu sécuriser la ville, évidemment que le Parti socialiste a le service d'ordre pour faire face. Mais moi je ne veux pas me confronter à une guérilla d'une ultra gauche antidémocratique qui a décidé de se faire et les forces de police, et le Parti socialiste".

Selon la maire de Nantes Johanna Rolland, les propos de Jean-Christophe Cambadélis répondent à une demande formulée par la municipalité.

Le 18 juin, un collectif d'opposants de diverses obédiences, dont des "zadistes", s'était ainsi promis de "rendre impossible cette université d'été". Une majorité d'électeurs de Loire-Atlantique ont approuvé dimanche dernier la décision de déménager l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes. Le Premier ministre a promis dans la foulée le début des travaux à l'automne, et l'expulsion de la ZAD. Du coup, "l'université d'été du PS à Nantes s'apparentait pour nous à une provocation", a expliqué dimanche un porte-parole des zadistes. "Nous nous réjouissions qu'un mouvement large (syndicalistes, précaires, étudiants, etc.) se soit mobilisé contre. Cette reculade montre une fois de plus que le gouvernement, et donc le Parti socialiste, ont perdu toute légitimité".

De leur côté, les organisations syndicales de Loire-Atlantique opposées à la loi El Khomri ont annoncé samedi un projet d'"un grand meeting intersyndical" à Nantes le 26 août. Depuis le début de la contestation contre le projet de loi, des manifestations ont dégénéré plusieurs fois en affrontements entre des groupes de casseurs et la police, notamment à Rennes et à Nantes. Des locaux du PS, de la CFDT, mais aussi de la CGT, ont été vandalisés.

DES CRITIQUES AU SEIN DU PS

"Pas surpris" mais "choqué qu'en France, dans une ville comme Nantes, on ne puisse plus organiser un débat (...) parce qu'on est sous la menace d'acteurs violents", a déclaré le député écologiste "réformiste" de Loire-Atlantique François de Rugy, estimant "sans doute prudent d'agir ainsi". "Depuis le début, je dis que Nantes, c'est compliqué à cause du calendrier (...) sauf si on arrête Notre-Dame-des-Landes", a lui déclaré le secrétaire d'État Jean-Vincent Placé, également président de l'UDE, principal partenaire du PS dans la Belle alliance populaire (BAP).

L'ancien sénateur écologiste avait suggéré de préparer une "université d'automne" à Dijon, en octobre. Le maire PS de la ville de Côte-d'Or, François Rebsamen, a indiqué à l'AFP "partage(r) la décision" de Jean-Christophe Cambadélis et discutera avec lui lundi. Maire divers gauche de Montpellier et ancien dissident PS, Philippe Saurel, a lui proposé sur Twitter à Jean-Christophe Cambadélis de "tout faire" dans sa ville, où les aubrystes seront réunis fin août... et où Manuel Valls s'est fait huer vendredi par des opposants à la loi travail.

Pour le député PS Yann Galut, "l'annonce du report ou de la suppression de #Nantes par @jccambadelis montre l'état de rupture du #Gouvernemt avec les Français #réagissons". "Triste de constater à quel point nous en sommes arrivés...", a lui tweeté le "frondeur" Pascal Cherki. Et Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, a taclé : "Soit nous faisons une université de rentrée soit pas...à l'automne? en pleine primaire? Pas une bonne idée, comme avoir voulu aller à Nantes".

Chez Les Républicains, Éric Ciotti a ironisé dimanche: "Jusqu'où vont-ils aller dans le ridicule? Un parti qui ne se réunit plus n'est plus un parti".

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