L'Unef critiquée par Blanquer, Castaner et la droite pour ses réunions en "non-mixité"

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Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer à Saint-Denis, près de Paris, le 4 mars 2021
Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer à Saint-Denis, près de Paris, le 4 mars 2021
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© AFP, Ludovic MARIN

publié le jeudi 18 mars 2021 à 18h23

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a jugé jeudi "inacceptable" de distinguer les gens "par la couleur de leur peau",  alors que le syndicat étudiant Unef est critiqué, à la fois à droite et par le patron des députés LREM Christophe Castaner, pour ses réunions en "non-mixité".

En visite dans une école parisienne, Jean-Michel Blanquer a estimé "inacceptable que, sous prétexte de faire des réunions sur la discrimination, on distingue les gens par la couleur de leur peau. C'est une régression considérable".

"Nous sommes les enfants de la République, nous voyons d'abord des personnes humaines, des citoyens avant de voir les gens en fonction de leur couleur de peau, de leur religion ou de quoi que ce soit d'autre", a-t-il affirmé en marge de cette visite retransmise sur LCI.

"Quand on reçoit des subventions publiques, il est inacceptable qu'on se mette dans ce genre de comportements", a-t-il ajouté.

La présidente de l'Unef Mélanie Luce avait affirmé mercredi sur Europe 1 que, comme pour les femmes victimes de discriminations, le syndicat "organise des réunions pour permettre aux personnes touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu'elles subissent". Mais "aucune décision n'est prise en non-mixité", avait-elle précisé.

"L'Unef a fait un choix, pour survivre, d'un clientélisme indigéniste exacerbé totalement scandaleux", a affirmé jeudi sur franceinfo Christophe Castaner qui voit là "une forme de séparatisme".

Il faut "condamner cela", et "si les faits relèvent du pénal cela doit faire l'objet de poursuites pénales", a ajouté l'ancien ministre de l'Intérieur.

"On est en train d'américaniser la France, de racialiser les rapports sociaux", a affirmé sur France Inter le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau qui a écrit au garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti pour lui demander d'"engager au nom de l'Etat des poursuites pour provocation publique à la discrimination" de l'Unef. 

Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a lui écrit au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin afin "d'étudier la dissolution de ce mouvement", devenu selon lui "l'avant garde de l'islamo-gauchisme".

Le député LR du Vaucluse Julien Aubert a interpellé le procureur de la République "sur une potentielle infraction au code pénal".

"Il faut dissoudre l'Unef", a lancé l'eurodéputé LR François Xavier Bellamy, et le président LR de la région Paca Renaud Muselier a demandé "l'interdiction immédiate de cette pratique raciste".

Côté Rassemblement national, le numéro 2 Jordan Bardella a dénoncé "racialisme" et "islamo-gauchisme" et le porte-parole du parti Sébastien Chenu a demandé "la dissolution de l'Unef" face à ce qu'il qualifie de "scandale".

La subvention versée à l'Unef est également pointée du doigt: "Plus de 630.000 euros (...) pour développer le séparatisme?", s'est interrogé le député LR des Bouches-du-Rhône Eric Diard. La question "se pose très sérieusement" pour sa collègue des Hauts-de-Seine Constance Le Grip.

L'Unef avait déjà été vivement critiquée début mars à droite après des accusations d'islamophobie contre deux professeurs de Sciences-Po Grenoble. 

A gauche, Adrien Quatennens, numéro deux de LFI, a dit sur BFMTV n'être pas d'accord "de manière générale" pour que les réunions syndicales soient "réservées à tel ou tel".

Mais "quand vous avez des personnes de couleur qui subissent des discriminations, parfois ces personnes ont envie de se retrouver entre elles pour pouvoir en discuter et il ne s'agit pas de faire du tri entre les personnes". Il a donc considéré que cette polémique est "une diversion", et appelé à "faire attention aussi au climat qui est instillé".

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