L'opposition fustige "l'échec" de Macron mais appelle au respect du reconfinement

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Marine Le Pen, au siège du parti à Nanterre, près de Paris, le 19 octobre 2020
Marine Le Pen, au siège du parti à Nanterre, près de Paris, le 19 octobre 2020
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© AFP, Thomas SAMSON

, publié le mercredi 28 octobre 2020 à 23h14

Un "oui mais de colère", "pilotage incohérent", "échec cinglant": avant même le débat prévu jeudi au parlement, les partis d'opposition ont fusillé la politique de l'exécutif face au Covid-19, même s'ils appellent au respect du confinement annoncé mercredi par Emmanuel Macron.

"Nous respecterons bien sûr les consignes", a affirmé la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen. Mais "la gestion erratique de la crise et l'absence d'anticipation de cette 2è vague sont la raison de décisions qui seront très dures à surmonter pour beaucoup de nos compatriotes et de nos entreprises", a-t-elle mis en garde.

Les Républicains aussi ont dénoncé un "échec cinglant" de la gestion de la crise par M. Macron, à l'instar de Bruno Retailleau, président des sénateurs Les Républicains. 

Le président a pris "des mesures sous la contrainte, en prenant en compte très partiellement une partie des conséquences désastreuses sur le plan économique du confinement du printemps. Sur le plan de la santé il a tenté de justifier l'injustifiable car rien n'a été fait pendant huit mois", a affirmé à l'AFP Christian Jacob, président de LR.

"Voter jeudi? Cet exercice ne rime à rien. On va voter sur quoi? Le parlement est fait pour légiférer, pas pour émettre un avis sur la prestation télévisée d'un président de la république", a-t-il tranché, en référence aux débats suivis de votes prévus à l'Assemblée et au Sénat.

Pour Damien Abad, président des députés LR, "ce reconfinement, c'est l'échec du déconfinement qui n'a pas été réalisé sous protection comme nous l'avions proposé".

"Emmanuel Macron confine les Français chez eux mais laisse nos frontières ouvertes au sein de l'Union européenne... Incompréhensible !", s'est exclamé Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.

A gauche, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a affirmé à l'AFP appeler à "une rigueur absolue pour respecter le confinement". Et "je voterai demain (jeudi) les mesures proposées". 

- "Aucune leçon tirée" -

"Mais c'est un +oui+ de colère!. Ce qui est demandé aujourd'hui aurait dû être fait il y a plusieurs semaines", a-t-il ajouté, en regrettant les "incertitudes" qui demeurent, notamment sur le télétravail. "Qui décide qui est en télétravail?". "Il va falloir lever ces incertitudes très rapidement".    

En des termes cinglants, Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a dénoncé sur Twitter "l'échec" du déconfinement de l'été. "L'épidémie est hors de contrôle. Le président aussi. Aucune leçon tirée. Tous les foyers de contamination restent ouverts. Mais que reste-t-il de nos vies ? Nous respecterons la discipline sanitaire. Mais sans cautionner ce pilotage incohérent".

"Pas d'autre choix que de confiner... terrible réalité pour notre pays, face à ce virus mortel. Mais aussi parce que notre système de santé est exsangue", a également twitté Fabien Roussel, patron du PCF.

Les écologistes déplorent aussi un "défaut d'anticipation de cette 2ème vague", comme Julien Bayou, patron d'EELV, sur FranceInfo.

"Nous appelons les citoyennes et les citoyens au civisme et à respecter le nouveau confinement annoncé ce soir par le président de la République" même si "nous regrettons que l'alerte du conseil scientifique du 22 septembre qui annonçait clairement les risques liés à un retard de décision face à la deuxième vague de la pandémie n'ait pas été prise en considération plus tôt (...). Mais il y a un temps pour tout. L'heure n'est pas à aux polémiques", a affirmé Delphine Batho, président de Génération ecologie, dans un communiqué. 

En termes plus conciliants, Yannick Jadot, député européen EELV, a affirmé que "notre pays (devait) faire face à une nouvelle épreuve que la protection de notre santé exige". Il a appelé "le Président et le gouvernement à redoubler d'effort pour soutenir les plus vulnérables d'entre nous, dans la population comme dans les entreprises et les commerces".

Stanislas Guérini, patron du parti présidentiel La République en Marche, a lui, sans suprise, estimé sur twitter que le nouveau confinement est "une décision difficile à prendre mais nous sommes une nation unie et solidaire. Nous y arriverons, ensemble".

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