L'insécurité et le combat contre les "tentations de sécession" au menu de la rentrée du RN

L'insécurité et le combat contre les "tentations de sécession" au menu de la rentrée du RN
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, le 28 juillet 2020.

, publié le vendredi 04 septembre 2020 à 13h40

Si le parti salue une "victoire idéologique" en voyant certains de ses thèmes fétiches repris, sur le terrain, la réalité est différente avec des adhésions en baisse.

Sécurité et combat contre les "tentations de sécession" sont au menu de la rentrée du Rassemblement national (RN). Jeudi, à la veille du 150e anniversaire de la République, célébré par Emmanuel Macron au Panthéon, la présidente du RN Marine Le Pen a émis le souhait, dans un message vidéo aux accents présidentiels, de "faire triompher" la nation face aux "forces de division" et aux "tentations de sécession".

"Au moment où des études d'opinion démontrent des tentations de sécession, territoriale, morale ou identitaire, au moment où surgissent des revendications obscurantistes et, avec l'islamisme, des exigences de type théocratique, au moment où le débat est volontairement et artificiellement 'racialisé' par des semeurs de discorde et jeteurs de haine, au risque d'une guerre civile froide, comme aux Etats-Unis, jamais le message de notre République n'aura été si nécessaire", a déclaré la présidente du RN, candidate déjà déclarée à la présidentielle. 

"La laïcité, l'assimilation républicaine, l'égalité des citoyens (...) la ferme détermination face aux féodalités de tous ordres, la juste promotion de chacun en fonction des mérites personnels, l'unité autour d'une histoire que conte l'unifiant roman national, cette passion de l'avenir qui résulte spontanément d'une communauté de destin, tout cela tient en une réalité politique, la plus belle qui soit, la nation", a fait valoir la dirigeante d'extrême droite. "Face aux forces de division, de dissolution, c'est cette idée que nous devons faire vivre, faire grandir, faire triompher", a-t-elle ajouté.


Un discours contre l'insécurité dimanche

Dimanche, Marine Le Pen tiendra à Fréjus (Var) un discours contre l'insécurité, thème fétiche de son parti, devant un public réduit aux seuls élus et à la presse, coronavirus oblige. "Il y a un déni au plus haut sommet de l'Etat s'agissant des questions de sécurité", a estimé vendredi sur RTL le numéro deux du parti Jordan Bardella. 

L'insécurité est un sujet dont la droite et plusieurs membres du gouvernement se sont aussi emparés après une série d'agressions violentes cet été.

Le ministre de la Justice Eric Dupont-Moretti a dénoncé à cet égard une "surenchère populiste", expliquant que la France n'est "pas un coupe-gorge". Il a récusé l'emploi des termes "ensauvagement", utilisés par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, ou "orange mécanique", repris par Xavier Bertrand, président ex-LR de la région Hauts-de-France, terre d'élection de Marine Le Pen.

Ces références renvoient à l'essai paru en 2013 par Laurent Obertone "La France Orange mécanique", régulièrement cité par Marine Le Pen. L'auteur y affirme que la violence augmente en France en raison du laxisme des autorités et de l'immigration.

Une victoire idéologique saluée

Au RN, on salue une forme de victoire idéologique. "La mise en avant de nos idées - l'ensauvagement, le localisme, le souverainisme -, même par d'autres, donne beaucoup d'espoir à nos militants pour l'avenir", se félicite Laurent Jacobelli, porte-parole du parti.


La finaliste de la présidentielle de 2017 se considère plus légitime sur la revendication d'ordre que les Républicains. "Nous sommes la seule opposition à Emmanuel Macron, il suffit de lire M. Estrosi", ajoute le trésorier Wallerand de Saint Just, dans une allusion à l'appel lancé lundi par Christian Estrosi à passer un accord avec Emmanuel Macron pour 2022. Le nom du maire LR de Nice est sur toutes les lèvres des responsables du RN, qui voient dans cet appel la mort de la droite.

Adhésions en baisse

Si l'actualité semble favorable au RN, le mouvement n'affiche cependant pas le même élan qu'avant la présidentielle 2017, de l'aveu de plusieurs élus. Le parti "est devenu squelettique", avec des adhésions en baisse, et il y a un "malaise profond sur le terrain", rapporte l'un d'eux. Il déplore en outre "une absence de débat" après la mise à l'écart début août de plusieurs membres de la commission nationale d'investiture, proches pour beaucoup des idées de l'ancienne députée frontiste Marion Maréchal. Pourtant "le RN c'est le rassemblement, et il faut rassembler sinon on donne l'impression d'un parti qui se rétrécit", avance un autre.

D'ici à 2022 et après des élections municipales décevantes, le RN devra encore franchir les marches des sénatoriales en septembre - son unique sénateur Stéphane Ravier se représente -, puis des départementales et des régionales en mars 2021. Jordan Bardella, qui conduira la campagne des régionales, a annoncé vendredi au Figaro que lui-même ne se présenterait pas et cite les Hauts-de-France, l'Occitanie et la Provence-Alpes-Côtes d'Azur comme objectifs gagnables.

 

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