L'affaire des costumes de François Fillon expliquée par Robert Bourgi : "j'ai appuyé sur la gâchette"

L'affaire des costumes de François Fillon expliquée par Robert Bourgi : "j'ai appuyé sur la gâchette"

Robert Bourgi le 12 septembre 2011 à Paris.

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Orange avec AFP, publié le vendredi 07 juillet 2017 à 17h00

Il est l'homme à l'origine de "l'affaire des costumes", un scandale qui a porté le coup de grâce à la candidature de François Fillon à l'élection présidentielle. Robert Bourgi était longuement interviewé par Nicolas Poincaré pour l'émission "Complément d'enquête", diffusée jeudi 6 juillet sur France 2.

L'avocat et spécialiste de l'Afrique revient sur ce scandale qui a peut-être coûté le siège de président de la République au candidat de la droite.

"François Fillon est un ami, était un ami. Je lui ai fait ce cadeau, c'est en fait un pari que je m'étais fait", débute-t-il. Robert Bourgi raconte comment il a eu l'idée d'offrir deux costumes à François Fillon lors d'un petit-déjeuner au Ritz - "il aime bien ces endroits assez chics". Il égratigne au passage l'ancien Premier ministre : "bien entendu, c'est moi qui ai réglé. Je ne l'ai jamais vu régler une note". Robert Bourgi se souvient : "tu sais, je vais gagner la primaire, je vais battre Alain et je serai président de la République", lui aurait assuré François Fillon. "En cas de victoire, "je me suis dit : 'je sais qu'il aime les vêtements d'Arnys, je vais lui offrir deux costumes'".

François Fillon vainqueur, le conseiller politique file chez le tailleur commander deux costumes pour le nouveau champion de la droite. "J'ai payé ces deux costumes et j'ai dit au maître-tailleur : 'vous vous manifestez auprès de monsieur Fillon'". "Et il l'a payé cher, il l'a payé cher", répète-t-il avec un sourire. (François Fillon) "est élu, il m'envoie un texto, merci pour tout, je t'embrasse et un petit smiley", se souvient son ancien ami.

"JE VAIS ME LE PAYER"

Quelques jours plus tard, Robert Bourgi répond à François Fillon lui disant qu'il aimerait le féliciter de vive voix et "boire une bonne bouteille". Un texto auquel il ne reçoit aucune réponse, "aucune réponse", insiste-il. Quatre mois plus tard, Robert Bourgi contacte à nouveau le candidat à la présidentielle et lui dit : "François, je ne comprends pas ton silence". "J'ai la tête sous l'eau, je n'ai pas le temps de te voir", aurait répondu François Fillon. "Comment cet homme peut-il se comporter avec moi comme ça ?", s'interroge Robert Bourgi, qui prend alors la décision de révéler au grand jour l'affaire des costumes. "J'ai appuyé sur la gâchette", lâche l'avocat.

Lors d'un déjeuner avec Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi raconte à son ami cette même histoire et relate au journaliste Nicolas Poincaré sa conversation avec l'ancien président.



Ce qui a aussi motivé Robert Bourgi à agir, détaille-t-il dans "Complément d'enquête", c'est le comportement "ignoble" de François Fillon à l'égard de Nicolas Sarkozy. "Ce qui touche à Sarkozy me touche", justifie l'avocat. Une autre raison le motive également : "d'avoir en janvier dit : 'si je suis mis en examen, je ne me présenterai pas'. Il a oublié ce qu'il avait dit en janvier, ça je ne l'accepte pas", tranche Robert Bourgi.

A la fin du déjeuner, Nicolas Sarkozy et Robert Bourgi auraient échangé ces derniers mots :



Balayée dès le premier tour de l'élection présidentielle, la candidature de Français Fillon a la fonction suprême a été plombée par les soupçons d'emploi fictif en tant qu'attachée parlementaire pesant sur son épouse Penelope Fillon, puis par cette affaire des costumes. Un cadeau de près de 13 000 euros, qui avait déclenché une nouvelle polémique autour du candidat de la droite. François Fillon a assuré avoir rendu les costumes.
 
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