Journées du patrimoine : Emmanuel Macron et Stéphane Bern épinglés par une historienne

Journées du patrimoine : Emmanuel Macron et Stéphane Bern épinglés par une historienne

Emmanuel Macron et Stéphane Bern à Port-Marly (Yvelines), le 16 septembre 2017.

Orange avec AFP, publié le samedi 16 septembre 2017 à 18h45

Tout était pourtant parfait. La pédagogie, la solennité du moment, le cadre approprié...

Pourtant, la leçon d'histoire dispensée par Emmanuel Macron et Stéphane Bern à des élèves de CM2, samedi 16 septembre pendant les journées du patrimoine est tombée à l'eau. La faute à une (grosse) approximation relevée par une historienne connue pour corriger sur Twitter les erreurs des politiques.

À l'occasion des journées du patrimoine, le président Macron avait invité son ami Stéphane Bern à visiter le château de Monte-Cristo, une élégante demeure style Renaissance qu'Alexandre Dumas s'était fait construire en 1844 à Port-Marly, dans les Yvelines. Au détour d'une tenture, et alors que le président venait de confirmer son intention de restaurer le château de Villers-Cotterêts, les deux hommes se sont livrés à une petite leçon d'histoire, dispensée à la quinzaine d'élèves de CM2 qui les accompagnaient.

"Ça s'appelle les ordonnances de Villers-Cotterêts. François Ier a signé ces ordonnances (...) qui fait du français la langue officielle. Donc si nous parlons tous le français, c'est grâce à l'ordonnance de Villers-Cotterêts", a expliqué le monsieur patrimoine de France télévisions. Immédiatement, Emmanuel Macron enchaîne : "Ce château est très très important. Parce qu'en fait on est tous Français, alors qu'on parlait souvent des patois un peu différents, et notre pays, il s'est fait par la langue. Le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans son royaume devaient parler français."

La scène s'est déroulée devant les caméras du service de communication de l'Élysée, qui s'est fait un plaisir de diffuser le cours de maîtres Macron et Bern sur le compte Twitter du président.

Mal lui en a pris, car l'ordonnance de Villers-Cotterêts, ce n'est pas exactement ça. En effet, comme le souligne l'historienne Mathilde Larrere, très active sur Twitter, "l'édit n'impose en aucun cas le français comme langue aux populations du royaume! Il dit juste que les actes légaux et notariés seront en Français et plus en latin. L'édit, c'est surtout une étape dans l'imposition du pouvoir royal". L'historienne précise également que l'imposition de la langue française sur l'ensemble du territoire a eu lieu au moment de la révolution.

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57 commentaires - Journées du patrimoine : Emmanuel Macron et Stéphane Bern épinglés par une historienne
  • Franchement, tout cela n'a guère d'importance... Macron et Bern laisseront une trace dans l'histoire (plutôt positive d'ailleurs,c'est une certitude), vous tous ici : aucune... Cela rassure ! :)

  • CE brave Stéphane Bern est en transe lorsqu'il nous bassine avec les ci devant et la royauté

  • Stéphane Bern joue à l'historien, entre autres à la télé. Un genre de Lorant Deutsch.
    Quand à Macron, il a perdu une occasion de se taire en reprenant sous une autre forme les propos de son monsieur patrimoine.
    .

  • Bern n 'a jamais été un historien !!

    ne me faite pas rire ,il est comme son pote

  • En réalité la langue française à était imposée sur l'ensemble du territoire par la création de l'école publique, gratuite ET obligatoire au début du X eme siècle, Entre Villers Coterêt , la révolution et la loi imposant lécole publique, les "francais" parlaient encore leurs dialectes, locaux, berrichon, breton, basque, corse, morvandiaux, parisien etc...
    le Français s'est imposé par la force, dans certaines régions, comme la Bretagne ou tardivement, les mioches qui parlaient breton en classe subissaient le courroux jacobin et devaient porter un sabot autour du cou, en marque d'humiliation, idem dans l'Alsace d'entre deux guerres, là , c’était une pomme de terre dans la bouche.
    Aujourd’hui encore les gouvernements pro union européenne, refusent tous de signer le traités sur les langues minoritaires, 5 sont concernés en France et préfèrent que nous contribuables payons plusieurs diazines de milliers d'euro à chaque fois.
    Et oui , c'est pourquoi le français est une langue difficile et complexe, car c'est au départ une langue administrative et non une langue populaire, comme l'anglais, par ex