Jean-Michel Blanquer, Emmanuelle Wargon... Les téléphones de cinq ministres infectés par le logiciel espion Pegasus

Jean-Michel Blanquer, Emmanuelle Wargon... Les téléphones de cinq ministres infectés par le logiciel espion Pegasus
La ministre du Logement Emmanuelle Wargon et le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer en février 2019.

publié le vendredi 24 septembre 2021 à 12h10

Le logiciel aurait permis d'espionner au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprise de différents pays.

Jean-Michel Blanquer, Jacqueline Gourault, Julien Denormandie... Les téléphones d'au moins cinq ministres français et d'un diplomate rattaché à l'Elysée ont été infectés par le logiciel espion Pegasus, a révélé jeudi 23 septembre Mediapart, une information confirmée vendredi à l'AFP par des sources proches du dossier. Aucune source officielle n'a commenté ces informations. 

Selon le site d'information, les téléphones ont été infectés en 2019 et 2020. Ils ont présenté des marqueurs d'infection par le logiciel espion commercialisé par la société israélienne NSO lors de leur examen par les services de sécurité français.



Les ministres concernés sont : Jean-Michel Blanquer (Education), Julien Denormandie (Agriculture depuis juillet 2020, Ville et Logement auparavant), Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires, dépendant du ministère de l'Intérieur), Sébastien Lecornu (Outre-mer) et Emmanuelle Wargon (Logement, Transition écologique auparavant). Un diplomate de la cellule diplomatique du Palais de l'Elysée, travaillant avec le président Emmanuel Macron sur les sujets internationaux, est également concerné.

"Mon téléphone a fait partie de ceux qui ont été regardés par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, moi je n'ai pas encore de retour de l'enquête donc je ne peux rien confirmer à ce stade", a indiqué à L'Opinion Emmanuelle Wargon qui a précisé avoir changé de téléphone. "La ministre n'est pas dépositaire de secrets d'État donc on ne voit pas trop l'utilité de l'avoir écoutée", a déclaré par ailleurs son cabinet à l'AFP.

De son côté, le groupe NSO a déclaré : "Nous maintenons nos déclarations précédentes concernant les représentants du gouvernement français. Ils ne sont pas et n'ont jamais été les cibles de la technologie du groupe NSO utilisée par ses clients (...). Nous rappelons que NSO n'exploite pas sa technologie".



Une enquête publiée à partir du 18 juillet par un consortium de 17 médias internationaux a révélé que le logiciel Pegasus, conçu par l'entreprise israélienne NSO Group, aurait permis d'espionner les numéros d'au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprise de différents pays. Ce travail journalistique se fonde sur une liste de 50.000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016, obtenue par l'organisation Forbidden Stories et Amnesty International.

Plusieurs plaintes ont été déposées en France par des personnes se disant victimes du logiciel. 
 

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