Jean-Marie Le Pen souhaite la victoire de sa fille Marine en 2022

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Le fondateur du parti d'extrême droite Front national (FN)? Jean-Marie Le Pen dans son domicile de St Cloud, près de Paris le 14 janvier 2021
Le fondateur du parti d'extrême droite Front national (FN)? Jean-Marie Le Pen dans son domicile de St Cloud, près de Paris le 14 janvier 2021
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© AFP, JOEL SAGET

, publié le vendredi 15 janvier 2021 à 16h04

Jean-Marie Le Pen souhaite la victoire de sa fille Marine Le Pen à la présidentielle de 2022, même s'il ne se reconnaît plus dans le parti qu'elle préside depuis 10 ans et que lui-même a dirigé près de 40 ans.

"Je souhaite que Marine Le Pen soit au deuxième tour et même, si j'ose dire, au troisième. Elle ou un candidat qui représente la droite nationale et populaire pour laquelle je me suis battu pendant 50 ans", a déclaré dans un entretien à l'AFP le co-fondateur du Front national, devenu Rassemblement national, depuis ses bureaux de Montretout à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).

Il pense que la présidente du RN a ses chances. "Je ne dis pas qu'elle n'a pas de chance (de gagner), non au contraire".

"Mais tout dépend des (autres) candidats, s'il y en a beaucoup, ou peu" et des "événements", "de la conjoncture économique sociale politique et même médicale", note l'ancien dirigeant d'extrême droite, âgé de 92 ans.

Il loue les "qualités remarquables" de sa petite-fille Marion Maréchal, "l'intelligence, le courage, la culture, la volonté", mais n'oublie pas les "qualités exceptionnelles" de sa fille, qui occupe désormais "un poste de premier plan dans la politique française".

Il prédit à la présidentielle une "abondance" de candidats, ce qui "avantage plutôt les candidats dont les noms sont déjà bien connus, comme celui de Marine Le Pen".

Il parie que "ce sont les personnalités qui marqueront le scrutin", en raison d'une "individualisation de la politique", se désolant que tous les partis, y compris le RN, aient "perdu progressivement de leur importance, de leur force".

Jean-Marie Le Pen "ne voit pas forcément Emmanuel Macron candidat" mais il pense qu'à droite, les candidats seront "légion" et que le parti Les Républicains peut "exploser". La gauche, il la "croit grièvement blessée", car "en politique on n'est jamais mort".

"Non", l'ancien président du FN ne se reconnaît pas dans le parti présidé par sa fille, qui l'en a exclu en 2015 après ses dérapages sur la Shoah, et dont le changement de nom a été pour lui "une rupture".

Mais "c'est probablement la formation politique qui est la plus proche de ce que je pense", affirme à l'AFP M. Le Pen, en se félicitant que le parti "se soit rapproché de la ligne traditionnelle du FN", ni droite ni gauche, depuis le départ en 2017 de l'ex numéro deux Florian Philippot.

Dans son Journal de bord diffusé vendredi, le fondateur du FN qualifie d'"erreur stratégique" la "dédiabolisation" menée par sa fille. "Quand on veut se dédiaboliser, c'est déjà reconnaître qu'on était le diable et qu'on méritait de l'être", dit-il: "Il faut défendre ses idées, et il est évident qu'elles paraissent toujours diaboliques à vos adversaires".

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