Jean-Luc Mélenchon : "Peut-être que Richard Ferrand est tombé dans un piège"

Jean-Luc Mélenchon : "Peut-être que Richard Ferrand est tombé dans un piège"
Jean-Luc Mélenchon, le 12 septembre à la maison de l'Amérique latine, à Paris.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 12 septembre 2019 à 18h01

Le leader de La France insoumise, qui dénonce depuis plusieurs jours le "procès politique" dont il fait l'objet, estime que les "juges sont des menteurs". Dans ce contexte, il juge que le président de l'Assemblée nationale, mis en examen pour "prise illégale d'intérêts", ne doit pas démissionner et regrette une "mise au pilori".

Mis en examen mercredi soir pour "prise illégale d'intérêts" dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne, Richard Ferrand doit-il démissionner ? L'opposition reste partagée : oui, assurent des responsables de gauche, tandis que Les Républicains se veulent nuancés.

Jean-Luc Mélenchon lui a tranché : le président de l'Assemblée nationale ne doit pas quitter son poste. 

Interrogé sur le sujet lors de sa première conférence de presse en France depuis son retour de voyage en Amérique du sud, jeudi 12 septembre à la maison de l'Amérique latine, à Paris, le leader de La France insoumise a répondu : "Peut-être qu'il y a un an, je vous aurais donné raison (qu'il doive démissionner, ndlr). Maintenant, je sais que c'est des menteurs (les juges), peut-être que M. Richard Ferrand est tombé dans un piège". "Il existe dans ce pays la présomption d'innocence", a-t-il souligné, estimant: "M. Ferrand va être mis au pilori pendant plusieurs jours", comme "Quasimodo" : "les gens passent et lui jettent des pierres, là c'est pareil, un premier juge déclare un non-lieu, un autre le met en examen".




"La France n'est plus la France qu'on a connue"

"Je ne crois personne, je ne crois pas les juges, (...) je n'ai pas confiance dans la justice", a-t-il ajouté, après avoir fustigé une nouvelle fois le "procès politique dont il fait l'objet". Le député des Bouches-du-Rhône doit être jugé les 19 et 20 septembre en correctionnelle, avec cinq de ses proches, après une perquisition mouvementée au siège de son parti en octobre 2018. 

"Je ne sombrerai pas dans la logique formelle, selon laquelle 'ils sont tous inculpés donc c'est tous les mêmes', ça c'est le fascisme de bas étage", a-t-il dit. "Nous, nous faisons l'objet d'une procédure d'exception", a poursuivi M. Mélenchon : "Nous sommes les seuls à avoir été perquisitionnés et traînés en correctionnelle, je ne suis pas poursuivi par un juge d'instruction, mais sur une simple et unique initiative du parquet".

"La France n'est plus la France qu'on a connue, mais un pays dans lequel la brutalité et la violence du pouvoir s'exerce comme jamais jusque-là, et qui nous fait passer les moments du passé comme des moments de grande tranquillité", a-t-il jugé. "Le lien qui s'est établi entre les magistrats de tous les pays me rappelle l'opération Condor, où c'était les militaires qui se mettaient d'accord pour tordre le coup aux opposants", a avancé M. Mélenchon, faisant référence à une campagne de répression conduite dans les années 70 par les dictatures militaires alors en place en Amérique du sud.
 

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