"Jean-Luc Mélenchon n'est pas complotiste", assure Clémentine Autain

"Jean-Luc Mélenchon n'est pas complotiste", assure Clémentine Autain
Le chef de LFI Jean-Luc Mélenchon (g) et la députée LFI Clémentine Autain sur les bancs de l'Assemblée nationale à Paris, le 11 mai 2021

publié le lundi 07 juin 2021 à 12h20

Jean-Luc Mélenchon, vivement critiqué pour avoir prédit un "grave incident ou un meurtre" peu avant la présidentielle, "n'est pas complotiste" et visait par ces propos "l'extrême droite", a défendu lundi Clémentine Autain, tête de liste LFI aux régionales en Ile-de-France.

"La croisade anti-Mélenchon se poursuit", a renchéri le numéro deux de LFI Adrien Quatennens dans un tweet, assurant que le leader du mouvement "dénonçait l'instrumentalisation, prévisible, écrite d'avance, de tels événements en période électorale".

Clémentine Autain a exprimé sur Cnews sa "solidarité profonde avec les victimes notamment de l'attentat de Mohamed Merah".

Mais "d'autres ont volontairement mal compris et déformé ses propos", qui étaient "ramassés" dans "une émission d'une heure", a-t-elle ajouté, assurant que "Jean-Luc Mélenchon n'est pas complotiste" et "ne minimise pas ces attentats".

"Ce qu'il a voulu dire, c'est que les assassins qui font ça savent à quel moment ils le font", a fait valoir Mme Autain, disant partager ce point de vue. Et "ce qu'il visait c'est l'extrême droite" qui  "instrumentalise ce qui arrive (...) pour affirmer des propos xénophobes, liberticides, antirépublicains".

Faisant valoir "les combats humanistes" de Jean-Luc Mélenchon, elle a déploré les critiques pendant que la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen "distille un venin qui divise le pays".

Jean-Luc Mélenchon a d'abord souhaité dimanche dans l'émission Questions politiques (France Inter/Le Monde/Franceinfo) qu'Emmanuel Macron "se représente", car "on aura de quoi dire" sur son "bilan", avant de juger que "sinon, on nous sort un autre petit Macron du chapeau", "invent(é)" par "le système".

"Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre", a-t-il poursuivi en évoquant notamment "Merah en 2012", l'auteur jihadiste des tueries de Toulouse et de Montauban.

Me Patrick Klugman, avocat de Samuel Sandler, dont le fils et les deux petits-fils ont été tués par Mohamed Merah, a prévenu lundi sur Twitter qu'il saisirait la justice si M. Mélenchon ne retirait pas ses propos.

Latifa Ibn Ziaten, dont le fils militaire a été tué par Mohammed Merad, les a jugés dimanche "inadmissibles", dans un tweet relayé notamment par le premier secrétaire du PS Olivier Faure.

"Raconter des horreurs et prendre ceux qui s'en indignent pour des cons. Ça ne marchera pas. (...) Du balai, le complotiste!", a lancé lundi Amine El Khatmi, président du mouvement Printemps républicain.

Au sein du gouvernement, la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a dénoncé lundi sur BFMTV "un mélange de paranoïa et de complotisme".

"L'insinuation c'est la négation de la démocratie", a estimé le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune, tandis que celui au Numérique Cédric O dénonçait un "naufrage politique et républicain".

Pour le candidat LREM aux régionales en Ile-de-France Laurent Saint-Martin, le leader de LFI "a franchi une ligne écarlate dans les valeurs de la République".

A droite, le LR Michel Barnier a jugé ces propos "indignes de la République, indignes du respect que l'on doit aux victimes".

M. Mélenchon a répondu aux critiques dès dimanche en estimant que "les complotistes anticomplotistes sont de sortie". "Ils nient que les assassins font leur coup au moment qui fait parler d'eux. Propos ineptes. À moins que ce soit pour les couvrir", a-t-il tweeté.

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