Jean-Louis Debré : "beaucoup se sont détournés" de Jacques Chirac

Jean-Louis Debré : "beaucoup se sont détournés" de Jacques Chirac
Jacques Chirac et Jean-Louis Debré le 29 juin 2010 à Paris à l'Assemblée nationale.

, publié le mardi 12 mars 2019 à 14h52

Jean-Louis Debré s'est confié au journal Ouest France sur son amitié avec Jacques Chirac, vieille de 52 ans. "Beaucoup se sont détournés de lui", regrette l'ancien ministre de l'Intérieur. 

Dans les colonnes du quotidien Ouest France, Jean-Louis Debré évoque la profonde amitié qui le lie à Jacques Chirac.

L'ex-président du Conseil constitutionnel consacre à son vieil ami un documentaire, Mon Chirac, diffusé le 18 mars sur LCP. "J'ai eu envie de parler surtout de l'homme plus que du politique", explique Jean-Louis Debré à Ouest France. De l'homme politique, il assure toutefois : "il imposait sa présence avec une capacité d'écoute des autres. Une écoute différente de celle de beaucoup d'hommes politiques aujourd'hui qui sont enfermés dans leur vérité".  Quant aux affaires qui ont émaillé la carrière politique de l'ancien président, Jean-Louis Debré assure qu'"il n'y a jamais eu de profit pour Chirac". "Avant qu'il y ait des règles claires, tous les politiques renvoyaient l'ascenseur à ceux qui leur avaient fait confiance", assure Jean-Louis Debré.




Interrogé sur l'état de santé de l'ancien président, Jean-Louis Debré explique qu'"un mur s'est progressivement édifié entre lui et le monde extérieur à cause de la maladie". Il poursuit : "Je continue d'aller le voir. Je lui prends la main, on peut parler. Il est toujours à l'écoute de ses amis". L'ancien président de l'Assemblée nationale, qui se rend presque chaque semaine au chevet de l'ancien chef de l'État, selon Le Monde, regrette que beaucoup tournent désormais le dos à cette ancienne figure de la droite française. "Cela fait maintenant plus de dix ans qu'il a quitté le pouvoir et, depuis, beaucoup se sont détournés de lui. C'est la vie. Plus le temps passe, plus ceux qui devraient lui dire merci oublient de le faire", regrette l'ancien ministre de l'Intérieur. 

"Des formules dignes d'Audiard"

Depuis leur rencontre en 1967, Jean-Louis Debré affirme que "s'il y a eu des discussions", il n'y a jamais eu de brouille entre les deux hommes. "Quand nous avons traversé des périodes très dures, avec un grand nombre d'attentats en 1995, tous les matins, il m'appelait, me disait de tenir bon. Il me faisait confiance", se souvient-il pour Ouest France. Jean-Louis Debré affirme être fasciné par "l'homme de culture", "le combattant politique" et par son "sens de la réplique (...) avec des formules dignes d'Audiard". 


L'ancien ministre de l'Intérieur affirme par ailleurs voir chez Emmanuel Macron "une volonté, une détermination que l'on retrouvait effectivement chez l'ancien président". Interrogé sur la présence des chiraquiens dans la droite d'aujourd'hui : "non. Je ne sais d'ailleurs pas ce qu'est la droite aujourd'hui...", regrette-t-il. 

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