« Je suis un premier fusible, il y en aura d'autres » : dans l'affaire Matzneff, Christophe Girard se défend

« Je suis un premier fusible, il y en aura d'autres » : dans l'affaire Matzneff, Christophe Girard se défend
©Panoramic

publié le jeudi 30 juillet 2020 à 10h35

Lors d'un entretien accordé à France Inter, l'ancien adjoint à la culture à la mairie de Paris Christophe Girard revient sur sa récente démission en raison de ses liens supposés avec Gabriel Matzneff.

Christophe Girard contre-attaque.

Dans la matinale de France Inter, le désormais ex-adjoint à la culture à la Ville de Paris est revenu sur son départ. Il lui avait été reproché ses liens avec l'écrivain polémiste Gabriel Matzneff, suspecté de viol. L'homme politique estime avoir servi de bouc-émissaire dans cette affaire. « Je suis un premier fusible, il y en aura d'autres », assure-t-il.



Après la révélation de ses bons rapports avec l'écrivain, l'ancien adjoint a fait face à une vague d'indignation à son sujet. Une pression qui aurait influé sur sa décision de démissionner. « La présomption d'innocence est absolument vitale dans notre démocratie. Si la justice, c'est les réseaux sociaux, nous irons dans une forme de pays de la Terreur », prévient-il.

Christophe Girard affirme soutenir « le combat des femmes » et se décrit comme un « défenseur de la cause féminine ». L'élue EELV Alice Coffin a participé à l'organisation de manifestations réclamant sa démission sousles fenêtres de la mairie de Paris. A ses yeux, il estime qu'elle a été débordée, « par des banderoles qui sont des banderoles de la haine que l'on ne peut pas montrer devant un hôtel de ville dont on vient d'être élu ».

« C'est une faute républicaine », estime-t-il sur France Inter. « Quand vous voyez écrit sur une banderole "l'adjoint à la culture du viol", c'est d'une violence inouïe (...) Qui peut imaginer un instant que le père de famille que je suis aurait une quelconque indulgence pour la pédophilie ? »

Il assure ne pas être ami avec Gabriel Matzneff

La nature des relations entre Christophe Girard et Gabriel Matzneff est à l'origine de son départ. Mediapart avait notamment révélé des notes de frais datant de 2019, 2027 et 2016 de l'ancien adjoint à la culture à la mairie de Paris pour des repas avec l'auteur.

« Quand on est adjoint à la culture à la ville de Paris, on a comme rôle de rencontrer les artistes sans leur demander leur casier judiciaire. Imaginons que soient vivants Gauguin, Rimbaud, le Caravage, Michel Ange, malgré les crimes qu'ils ont commis, qu'on a découvert plus tard, je les rencontrerais », se justifie-t-il.

Il assure que Gabriel Matzneff n'était « pas un ami ». Christophe Girard explique aussi qu'il a pris du temps avant de réaliser ce qui pouvait transparaitre dans les ouvrages de l'écrivain. « Lorsque j'ai lu le livre de Vanessa Springora, j'ai compris qu'il y avait un caractère manipulateur avéré », reconnait-il. Dans son livre "Le consentement", cette femme avait affirmé avoir entretenu des relations avec l'écrivain à l'époque où elle était mineure. 

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