"Je prendrai mes responsabilités" : Édouard Philippe prêt à recourir au 49-3 pour la réforme des retraites

"Je prendrai mes responsabilités" : Édouard Philippe prêt à recourir au 49-3 pour la réforme des retraites
Édouard Philippe à Paris, le 19 février 2020.
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, publié le mardi 25 février 2020 à 13h59

"Notre objectif" est d'"adopter la réforme avant l'été", a prévenu le Premier ministre.

Si cela est nécessaire pour "avancer", le Premier ministre Édouard Philippe n'hésitera pas à "prendre ses responsabilités" et à recourir à l'article 49-3 pour faire passer la réforme des retraites, a-t-il assuré mardi 25 février. Il a par ailleurs appelé les députés LREM à "tenir encore" face à "l'obstruction" de la gauche de la gauche


"Quand il faut prendre mes responsabilités, je n'ai pas pris l'habitude de me défausser.

(...) Le 49-3 est une responsabilité du Premier ministre. Si je considère que c'est comme cela qu'il faut avancer, je prendrai mes responsabilités", a déclaré Édouard Philippe lors de la réunion à huis clos du groupe majoritaire. "Notre objectif" est d'"adopter la réforme avant l'été", a-t-il rappelé, soulignant qu'à cette fin, une adoption en première lecture est nécessaire en mars à l'Assemblée nationale.  

L'article 49-3 de la Constitution permet au Premier ministre d'engager la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée nationale sur un texte de loi, pour le faire adopter sans vote.


"Je n'ai jamais critiqué son utilisation. Je suis à l'aise avec la Constitution (...), pas dans une querelle ontologique", a ajouté le chef du gouvernement. Mais "nous avons besoin que vous teniez encore, que vous continuiez à être dans la discussion, pour une raison simple: je trouve compliqué et difficilement compréhensible pour l'opinion de prendre acte trop tôt", a poursuivi M. Philippe, toujours selon un participant. "J'ai besoin que pendant quelques jours vous montriez le même degré de présence, d'implication, qui a prévalu jusqu'à présent", a-t-il ajouté, suscitant l'approbation de la plupart des présents.

"L'obstruction", "vous la vivez, la subissez", a-t-il lancé aux "marcheurs", estimant le climat à l'"enlisement". "On voit un temps infini passé à examiner des amendements dérisoires. Ça pourrait être comique, si ça n'était pas tragique", et il y aura certainement un "impact sur la façon dont est perçu le parlementarisme" par les Français, selon lui.

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