"Je ne serai pas candidat à la présidence des Républicains", annonce Bruno Retailleau

"Je ne serai pas candidat à la présidence des Républicains", annonce Bruno Retailleau
Bruno Retailleau, le 27 janvier 2018, à Paris.

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 19 juin 2019 à 09h11

Le président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat assure vouloir "préserver l'unité du groupe parlementaire" au Sénat et "éviter une nouvelle guerre des chefs" au sein du parti.

En crise ouverte depuis la débâcle des élections européennes, Les Républicains se cherchent un nouveau patron. Le nom de Christian Jacob, patron du groupe LR à l'Assemblée nationale, circule avec insistance pour la présidence du parti, de même que celui du premier vice-président de LR Guillaume Peltier.

Le scrutin est prévu les 12-13 octobre et, en cas de deuxième tour, les 19 et 20 octobre.

Celui de Bruno Retailleau circulait également. Ce mercredi 19 juin, le président du groupe LR au Sénat affirme néanmoins qu'il ne sera pas candidat. Auprès de l'AFP, il explique être "le garant de l'unité d'un groupe parlementaire, qui occupe une position centrale au Sénat" et qui est aujourd'hui "le seul en mesure de construire et d'incarner une alternative institutionnelle au gouvernement". "Je ne veux pas le fragiliser", assure-t-il.

Éviter "une nouvelle guerre des chefs"

L'élu de Vendée veut par ailleurs éviter une "nouvelle guerre des chefs" qui "condamnerait irrémédiablement" une droite très affaiblie. Dans un entretien accordé au Point, il loue par ailleurs "la franchise, la loyauté, le sens de l'engagement" de Christian Jacob. "Mais il doit être candidat pour lui-même, non par procuration. Il ne faudrait pas qu'il se laisse emprisonner par ceux qui veulent que rien ne change", met en garde ce proche de François Fillon. 



Il appelle par ailleurs Les Républicains à "ouvrir les yeux" : "tout doit changer, du sol au plafond, sinon LR disparaîtra". "Malheureusement, je ne suis pas sûr que les esprits soient mûrs à LR pour que tout change", souligne-t-il. Le parti "devra tourner le dos au caporalisme, se questionner et se requestionner sur tous les sujets en permanence. Au lieu d'aller chercher les voix des électeurs de droite à coups de slogans faciles, ayons l'humilité d'écouter leurs voix, ayons l'intelligence de tendre l'oreille plutôt que de tendre un tract."

Des ambitions pour 2022 ?

"Jusqu'à la dernière minute, il aura hésité" à se présenter à l'élection à la présidence de LR, affirme Le Parisien. Mais s'il a renoncé, c'est pour mieux se positionner pour 2022. "Il va désormais tracer sa route grâce à son parti", Force Républicains, hérité de François Fillon depuis son retrait de la vie politique, écrit le quotidien.



"Convaincu qu'une présidence Jacob serait synonyme d'une glaciation de LR, le sénateur de Vendée va désormais se concentrer sur ce travail programmatique, en parallèle au parti", analyse le journal, selon qui "plus que jamais LR apparaît comme une structure répulsive pour ceux qui rêvent d'un destin présidentiel". 

"Je pense que la droite n'est pas morte. Je ne sais pas encore qui saura l'incarner. Est-ce que cela peut être LR ?", s'est interrogé M. Retailleau dans les colonnes du Point. "Aujourd'hui, je n'en suis pas sûr... Quel gâchis, car les idées de droite sont majoritaires dans le pays", a-t-il estimé. 

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