"Je n'ai pas envie qu'on m'emmerde" : Edouard Philippe assume les crispations avec Emmanuel Macron

"Je n'ai pas envie qu'on m'emmerde" : Edouard Philippe assume les crispations avec Emmanuel Macron
Edouard Philippe et Emmanuel Macron, en 2018

publié le lundi 17 janvier 2022 à 13h15

Après les promesses des derniers mois, les premières tensions apparaissent entre le chef de l'Etat et son ancien Premier ministre, dont le parti "Horizons" ne bénéficiera pas du soutien de la majorité en vue des législatives.

"Je ne demande rien. Mais je n'ai pas envie qu'on m'emmerde".

Dans la foulée du lancement des premiers comités locaux de son parti "Horizons", Edouard Philippe a commenté avec agacement l'accroc qui l'oppose au camp d'Emmanuel Macron. Le président de la République a fait capoter l'OPA de son ex-Premier ministre sur l'aile droite de la majorité, en refusant la fusion de "Horizons" avec "Agir", le parti du ministre Franck Riester. Cette fusion aurait offert à Edouard Philippe la main sur la droite de la majorité. 


La manoeuvre a suscité la consternation dans les rangs philippistes, et avivé les bruits de friction entre les entourages alors même que la majorité s'était mise en ordre de marche pour la présidentielle en se rassemblant dans une structure, "Ensemble citoyens!". Par conséquent, "Horizons" a "suspendu sa participation" à cette "maison commune", explique l'eurodéputé Gilles Boyer, "car on a considéré qu'empêcher la fusion avec Agir contrevenait directement à une clause que l'on s'était collectivement fixée dès le début: à savoir pouvoir se rapprocher entre partis". 

"Je ne veux pas être ministre. Je ne veux pas aller à l'Assemblée. Mais je n'ai pas envie qu'on m'emmerde, puisque c'est un terme à la mode", lance dimanche 16 janvier l'ancien chef du gouvernement, dans les colonnes de l'Opinion, en allusion à la phrase du chef de l'Etat sur son envie "d'emmerder" les non-vaccinés. "Les règles qui ont été fixées s'appliquent à tous, sauf à nous. C'est bien étrange pour une maison commune. Mais ça n'a aucune importance. On va continuer de développer Horizons, en restant tout à fait loyal au Président", affirme t-il.

"Je ne suis pas candidat à la présidentielle, donc je ne suis pas là pour vous présenter un programme", fait-il ainsi valoir à une dame "issue de la gauche" et venue en curieuse l'écouter à Niort. Toujours dans l'expectative sur sa place dans le futur dispositif de campagne de M. Macron, Edouard Philippe compte intervenir ponctuellement durant les trois prochains mois sur des sujets spécifiques, à l'image de sa récente prise de position en faveur de la vaccination obligatoire.

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