"J'avais 11 ans. Je n'ai jamais oublié" : le député LREM Bruno Questel révèle avoir été victime de viol

"J'avais 11 ans. Je n'ai jamais oublié" : le député LREM Bruno Questel révèle avoir été victime de viol
Le député de l'Eure Bruno Questel, le 22 juillet 2017 à l'Assemblée nationale.

, publié le mercredi 20 janvier 2021 à 15h36

Dans la foulée de l'affaire Duhamel et du mouvement #Metooinceste, l'élu de l'Eure a livré son témoignage sur Twitter, en réponse à Jack Lang qui avait expliqué lundi sur Europe 1 qu'il ne pouvait pas "s'indigner à chaque minute". 





Après les accusations d'inceste de Camille Kouchner contre son beau-père Olivier Duhamel, des milliers de témoignages ont afflué ces derniers jours sur Twitter sous le hashtag #Metooinceste. L'un d'entre eux a particulièrement attiré l'attention cette semaine.

Lundi 18 janvier, le député La République en marche Bruno Questel a révélé sur Twitter avoir été victime de viol lorsqu'il était enfant. 

"Il n'était pas de ma famille, il était du village ; de ces lieux où la famille est grande. J'avais 11 ans. Je n'ai jamais oublié. Aucune excuse possible. Aucun pardon possible. Aucun repos pour les auteurs de ces actes. Il faut s'indigner toutes les secondes", a-t-il posté en réponse à Jack Lang. Interrogé sur son absence de réaction après les révélations de Camille Kouchner, l'ancien ministre de la Culture socialiste avait estimé qu'il ne pouvait pas "s'indigner à chaque minute", tout en martelant que les faits d'inceste étaient "une honte".



"Je souhaitais à travers ce tweet dire 'stop' à une forme de discours que je trouve insupportable, selon lequel à l'époque la liberté dans toute sa dimension pouvait justifier des débordements de la sorte", a expliqué mardi le député de l'Eure sur France Bleu, alors que les faits remontent aux années 70. "Quand on a été victime de ça, il n'y a pas une seconde où quelque chose, un fait, une parole, un geste, une nouvelle, ne vous ramène pas à cela. Y compris au moment précis. Ce sont des vies qui sont broyées, on vit avec ça toute sa vie. Non il n'y a pas de place pour le pardon, pas de place pour l'oubli, il faut s'indigner toutes les secondes, ne pas oublier les victimes. Ce n'est pas réparable", a-t-il insisté. 

"Il faut parler"

Le parlementaire veut ainsi briser la loi du silence. "Il faut parler, que la puissance publique mette en place les outils d'accueil, que les parents soient très forts. Et il n'y a pas de place pour l'explication de quelque nature que ce soit. Je l'ai connu, vous oubliez, c'est une forme d'amnésie traumatique, et un jour ça vous pète à la gueule, et c'est compliqué. Vous revivez les événements, vous retrouvez cette forme de solitude qui était la vôtre au moment des faits et après. Je peux vous dire que ça ne part pas, il n'y a pas de remède contre ça. Ça n'empêche pas de se construire, ça n'empêche pas d'aimer, ça n'empêche pas d'avoir des enfants, de les porter, de les protéger. Mais c'est une autre vie que celle que vous auriez dû avoir, j'en suis persuadé."

Des propos relayés sur Twitter par la ministre déléguée à la Citoyenneté Maerlène Schiappa. "Merci de rappeler que les violences sexuelles peuvent se cacher partout, qu'aucun milieu ou lieu n'est à l'abri de ces crimes atroces. De le dire si bien. De raconter la vie après.
Merci. ", a-t-elle écrit.



Christophe Castaner, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, a plaidé mardi pour un durcissement de la loi contre l'inceste en estimant qu'il faudra "si nécessaire donner la qualification pénale à ce crime".

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