«J'aurais pu battre Macron» : comment comprendre la phrase de Hollande

«J'aurais pu battre Macron» : comment comprendre la phrase de Hollande

L'ancien et le nouveau président lors de la passation de pouvoir à l'Elysée en mai 2017.

leparisien.fr, publié le mercredi 11 avril 2018 à 12h53

Cette déclaration de l'ex-président de la République sur le plateau du JT de France 2 a beaucoup fait parler.

Anne-Sophie Lapix relance François Hollande sur la candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle 2017. « Auriez-vous pu le battre ? ». L'ancien président, venu présenter son livre « Les Leçons du pouvoir » sur le plateau du JT de France 2 mardi soir, répond du tac au tac. « J'aurais pu, mais je ne l'ai pas voulu. » Un cas de politique-fiction qui vaut nombre de railleries à l'ancien locataire de l'Elysée. Mais qu'il convient d'expliquer.

Quand Hollande parle de « battre » celui qui a été son conseiller et son ministre de l'Economie, il faut davantage comprendre « faire battre ». C'est clairement ce qu'il a souligné après sa « punchline » lâchée en direct sur la chaîne publique.

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« Qu'est-ce que ça aurait donné ? Ce n'est pas moi qui aurais gagné, ce n'est pas lui qui aurait gagné. Et aujourd'hui, on aurait un président de la République qui mènerait une politique encore plus dure que celle qui est menée aujourd'hui. »

Une allusion claire aux sondages qui ont cours la semaine où François Hollande annonce qu'il ne briguera pas un deuxième mandat de cinq ans, le 1er décembre 2016. Deux jours avant, une étude Kantar-Sofres-Onepoint envoie François Fillon, alors tout récent vainqueur de la primaire de la droite et du centre, au second tour avec près de 30 % des voix. Il l'emporterait largement contre la candidate du FN, Marine Le Pen.

Prétendant annoncé à l'Elysée, Emmanuel Macron pointe à 15 % et François Hollande à 7,5 %. « Le choix, glisse celui qui était alors chef de l'Etat, aurait été de voter pour la droite dure ou pour l'extrême droite menaçante. J'ai fait ce sacrifice en connaissance de cause. »

Autre point à garder en tête : l'homme que les sondés des enquêtes choisissent comme « meilleur candidat » pour représenter la gauche. Dans un classement fin novembre, Emmanuel Macron ou Manuel Valls, futur battu de la primaire, devancent largement François Hollande.

« J'aurais pu mettre mon intérêt personnel, avoir cette obsession d'être candidat pour être candidat quelles que soient les conséquences. Mais j'ai pensé, parce que j'étais président de la République, que j'avais un devoir supérieur. » Moins de six mois plus tard, Macron arrivait en tête du premier tour. Avec quatre points d'avance sur François Fillon, troisième.

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