"J'arrêterai tous ceux qui veulent jouer le petit jeu du Premier ministre contre le chef de l'État" : Édouard Philippe met en garde les députés LREM

"J'arrêterai tous ceux qui veulent jouer le petit jeu du Premier ministre contre le chef de l'État" : Édouard Philippe met en garde les députés LREM
Édouard Philippe, le 6 février 2019 à l'Élysée.

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 09 avril 2019 à 21h43

Selon BFMTV, la réunion lundi soir du bureau exécutif de La République en marche a été tendue. Le chef du gouvernement s'en serait en effet pris aux représentants de l'aile gauche du parti présidentiel, qu'il aurait accusé de vouloir le monter contre le chef de l'État, notamment à propos de l'âge légal de départ à la retraite.

Faut-il repousser l'âge de départ légal à la retraite ? Alors qu'Emmanuel Macron a promis durant la campagne qu'il resterait fixé à 62 ans, l'aile droite du gouvernement, notamment le Premier ministre Édouard Philippe et les ministres de l'Économie Bruno Le Maire et de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, estime que la question du report reste posée, notamment pour financer la réforme de la dépendance. Une prise de position qui a réveillé les clivages gauche-droite au sein de La République en marche (LREM). 

Le marcheur Olivier Véran, venu de la gauche et rapporteur général de la commission des Affaires sociales, a appelé la semaine dernière chacun à "éviter de remettre des pièces dans la machine", alors que son collègue Guillaume Chiche, lui-aussi LREM ex-PS, s'est élevé contre "les postures idéologiques".

Philippe nie tout "désalignement" avec Macron

Lundi 8 avril, Édouard Philippe a mis les points sur les i. "Quand le président de la République dit qu'il faut ouvrir une question et poser le débat, on le fait.Personne au sein du gouvernement n'ouvre un débat sans que la question ne nous ait été adressée par le président de la République", s'est défendu le Premier ministre lors d'une réunion à huis clos avec les députés LREM, selon des propos rapportés par des participants à l'AFP.

Il a nié tout "désalignement" avec le chef de l'État sur ce sujet. "Il n'y en a pas. Il n'y en aura jamais", a-t-il dit, toujours selon ces participants. 

"Le président de la République a dit qu'il faut se poser la question de savoir si ce surcroît de dépense sociale doit être financé par plus d'impôt, par une diminution de la dépense ou par plus de travail. Je n'ai donc aucun problème à ce que le débat existe parce que le président de la République l'a posé", a-t-il encore insisté. 

Les propos du Premier ministre ont été de nature à "rassurer" sur le fait que le sujet était à "décorréler de la réforme des retraites", a commenté auprès de l'AFP un élu de l'aile gauche. Mais "on sent pour ce qui est du groupe qu'il y a quand même une vraie tension" sur ce sujet et globalement en raison de "la gravité de la séquence".

Quelle légitimité pour les députés "AOC d'En Marche" ?

Selon BFMTV, cette réunion du bureau exécutif a été "houleuse", Édouard Philippe s'en prenant à l'aile gauche du parti. "Il est incroyable que des gens se revendiquant de l'AOC d'En Marche (appellation d'origine contrôlée) se sentent plus légitimes que moi, qui suis Premier ministre, pour porter le programme du président", aurait-il "tonné".




"Je ne peux pas tolérer que des députés essayent de me monter contre le président de la République. Je n'en voudrai jamais à quelqu'un qui a une idée et qui débat mais j'arrêterai tous ceux qui veulent jouer le petit jeu du Premier ministre contre le chef de l'État", aurait-il également déclaré. L'ancien maire Les Républicains du Havre serait aller jusqu'à menacer d'un départ des membres venus de la droite. "Ceux qui viennent de gauche sont tellement contents de faire de l'entre-soi, on va voir ce que ça donne si ceux de droite s'en vont", aurait-il dit.


Selon l'un des participants, "le Premier ministre visait clairement (Aurélien) Taché. Beaucoup de gens en ont marre qu'il s'exprime en notre nom à tous". Le député du Val-d'Oise a notamment annoncé mardi dans Le Monde le lancement d'Hypérion, un laboratoire d'idées censé faire vivre la sensibilité dite de "gauche démocrate" au sein de la majorité. 

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