Isolement des malades du Covid-19: Larcher réclame un projet de loi

Isolement des malades du Covid-19: Larcher réclame un projet de loi
Gérard Larcher le 29 octobre 2020 à Nice, lors de l'hommage aux victimes de l'attentat

, publié le jeudi 26 novembre 2020 à 10h06

Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a réclamé jeudi un projet de loi sur l'isolement contraignant pour les malades du Covid, estimant qu'un "débat parlementaire" sur le sujet, souhaité par Emmanuel Macron, "ne suffit pas".

"Un débat parlementaire, ça ne suffit pas, le vrai débat du Parlement, c'est un projet de loi et ça ne nous suffit pas de débattre et d'avoir un vote", a averti M. Larcher sur Europe 1, alors qu'on touche à une "liberté fondamentale".

"S'il doit y avoir contrainte, elle doit respecter un certain nombre de conditions: le respect du secret médical, l'accompagnement des personnes, les clauses de cet isolement", a-t-il souligné, en précisant "préférer au terme isoler le terme s'isoler".

"Voilà pourquoi ça mérite un débat en profondeur que seul un projet de loi peut apporter, avec cette sensibilité si particulière du Sénat, les libertés, mais aussi la proximité", a fait valoir le président du Sénat.

Le chef de l'Etat avait invité mardi "à un débat avec l'ensemble des groupes" du parlement lors de son intervention télévisée où il a appelé à "être plus contraignants à l'égard de celles et ceux qui ont le virus". 

Soulignant la possibilité de télécharger l'application TousAntiCovid, François Bayrou, président du MoDem, allié de la majorité présidentielle, a souligné sur franceinfo que "le plus raisonnable, c'est de faire cet appel insistant à la responsabilité" de chacun. Mais, en tout état de cause, ce serait au parlement de définir si le non-respect d'un isolement serait qualifié de "délit" ou donnerait lieu à "une amende ou PV".

La présidente du groupe PS à l'Assemblée nationale Valérie Rabault a considéré sur Sud Radio qu'un isolement contraignant n'était pas une bonne idée, car "si on a des mesures coercitives, les Français n'iront plus se faire tester".

A l'extrême droite, le numéro deux du RN Jordan Bardella a dit "préfére(r) convaincre que contraindre", s'interrogeant sur la faisabilité d'un tel dispositif, et se disant "agacé" par "l'infantilisation permanente" des Français par le gouvernement.

M. Larcher a également critiqué les hésitations de l'exécutif sur la jauge dans les lieux de culte, jugeant que "rétropédaler le lendemain pour passer de 30 à autre chose, c'est pas la meilleure des conditions pour recréer la confiance".

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