Isolement de sept jours envisagé pour les Français rentrant du ski à l'étranger

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Un skieur portant un masque dévale une pente face au Cervin à Zermatt (Suisse) le 28 novembre 2020
Un skieur portant un masque dévale une pente face au Cervin à Zermatt (Suisse) le 28 novembre 2020
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© AFP, Fabrice COFFRINI

, publié le mercredi 02 décembre 2020 à 17h51

Le gouvernement envisage une période d'isolement de sept jours pour les Français rentrant du ski à l'étranger pendant les fêtes, a affirmé mercredi le Premier ministre Jean Castex, suscitant des réactions grinçantes à droite.

Pour "empêcher les Français d'aller se contaminer dans les stations" de ski des pays limitrophes comme la Suisse ou l'Espagne, qui gardent leurs stations de ski ouvertes, "on va instaurer une quarantaine", a indiqué le Premier ministre sur BFMTV/RMC, avec "des contrôles aléatoires à la frontière". 

Les préfets des départements limitrophes "pourraient ordonner un isolement de sept jours" pour les Français qui rentreraient d'une station de ski suisse ou espagnole. "La conclusion à en tirer, c'est que je ne vais pas en Suisse" pour skier, a ajouté Jean Castex.

Selon Matignon, "les travailleurs transfrontaliers" ne seront évidemment pas concernés. 

L'isolement, permis par le cadre juridique de l'état d'urgence sanitaire, pourrait se faire "à domicile ou dans un lieu d'hébergement", précise-t-on de même source. Et cette obligation de s'isoler prévaudra également pour les étrangers en provenance des zones visées (en Suisse, Espagne mais aussi Autriche) dont la définition précise n'est pas encore arrêtée.

De même, le gouvernement envisage de demander des tests négatifs à présenter aux aéroports d'arrivée, pour les voyageurs.

Toutes ces modalités seront précisées dans un décret attendu dans les jours à venir, selon Matignon.

Jean Castex a précisé qu'il aurait préféré "une harmonisation européenne" sur la question de l'ouverture des stations de ski, mais que "les Espagnols et les Suisses à ce jour ne s'orientent pas vers ces décisions".

"C'est leur droit mais je vais continuer à protéger mes concitoyens en les empêchant d'aller se contaminer", a-t-il insisté, ajoutant qu'il s'agissait aussi de rétablir "un principe d'équité" vis-à-vis des stations françaises.

Cette mesure a suscité l'exaspération à droite qui demande au contraire, comme le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez, la réouverture des remontées mécaniques en stations.

"On ne peut pas contrôler nos frontières pour éviter la venue des terroristes (comme celui de Nice), des clandestins, des trafiquants, mais comme par magie on peut contrôler les frontières pour empêcher les Français d'aller sur un tire-fesses suisse ?!", a commenté la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen sur Twitter.

"En tant que députée d'une circonscription frontalière avec la Suisse, je sais que les policiers frontaliers ont bien d'autres sujets de préoccupation, comme le grand banditisme et la criminalité organisée!" a affirmé à l'AFP la députée LR de Haute-Savoie Virginie Duby-Muller.

"On est en plein deliristan. C'est le père Fouettard qui impose une dictature sanitaire", a affirmé à l'AFP le patron des députés LR Damien Abad.

"Avec quelle administration et quels effectifs douaniers ?", s'est interrogée la CFDT des Douanes dans un communiqué.

"Rien que pour la Suisse, ce sont près de 572 kilomètres de frontière, plus de 50 points de passages routiers possibles, avec seulement 9 brigades pour garder la frontière", explique le syndicat, pour qui la situation "ne permettra que des contrôles sporadiques". 

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