Islam : "Il faut cesser de se dérober", estime Gérard Larcher

Islam : "Il faut cesser de se dérober", estime Gérard Larcher
Gérard Larcher, en mars 2019, à Paris

publié le dimanche 27 octobre 2019 à 08h35

Pour le président du Sénat, il n'est "pas question d'entrer dans une forme de prohibition" au sujet des signes religieux ostensibles dans l'espace public. Il estime cependant qu'il y a un "sujet à régler" dans les relations avec l'islam, pour éviter une "faute politique".

Trois semaines après le discours d'Emmanuel Macron, qui a prôné une "société de la vigilance" face à "l'hydre islamiste", Gérard Larcher appelle le chef de l'Etat à s'exprimer sur la laïcité, qui a selon lui "reculé depuis 20 ans".

"Tout est notre affaire", affirme le président du Sénat, à l'inverse du Président de la République pour qui "le port du voile dans l'espace public n'est pas (son) affaire", comme il l'a déclaré mercredi.

"Porter une kippa, une soutane, une croix ou un voile dans l'espace public, c'est une liberté que je veux défendre. Pas question d'entrer dans une forme de prohibition", justifie Gérard Larcher dans un entretien publié ce dimanche 27 octobre dans le JDD, alors que le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a jugé récemment que "le voile n'est pas souhaitable dans la société". "C'est donc mon affaire d'élu et de législateur, tout comme c'est notre affaire à tous, que l'école soit d'une neutralité absolue", souligne-t-il.



Alors que la société française "se crispe autour de l'islam", il "répète sans aucune ambiguïté que l'islam est compatible avec la République, à condition qu'il ne soit ni radical ni politique". Sur ce point, le JDD publie un sondage traduisant la méfiance croissante de la population face aux manifestations religieuses.


Selon la même enquête, plus de 6 Français sur 10 disent juger l'islam "incompatible avec les valeurs de la société française".

"Des formes de radicalité devant lesquelles la République ne peut pas baisser les bras"

Il y a "un sujet à régler dans les relations avec cette religion", et "ne pas le traiter, c'est une faute politique", reconnait pour sa part Gérard Larcher. Il faut "cesser de se dérober (...) Il faut des actes. Il faut aussi que la loi soit strictement appliquée sur l'ensemble du territoire. Et il faut que le président de la République s'exprime", martèle t-il, évoquant des "signaux faibles" rapportés par les enseignants, "par exemple : des petits garçons qui refusent d'être à côté des petites filles en classe ou le refus de l'enseignement de la théorie de l'évolution de Darwin". "Ce sont des formes de radicalité devant lesquelles la République ne peut pas baisser les bras", assène t-il, estime "qu'on a abandonné nos compatriotes musulmans de bonne volonté".
Au sujet des mères accompagnatrices scolaires voilées, qui a été au coeur d'une polémique déclenchée par un élu RN au Conseil régional de Bourgogne, Gérard Larcher plaide pour "légiférer, de manière apaisée, mais claire et courageuse", alors que le Sénat examinera mardi 29 octobre une proposition de loi LR sur l'application de la "neutralité religieuse". Interrogé pour savoir s'il faut interdire les listes communautaristes, il note que "le sujet est juridiquement complexe" mais que "c'est d'abord un combat politique" et "une responsabilité de l'État."

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