Investiture LR pour la présidentielle : premier débat télévisé entre les cinq candidats lundi soir

Investiture LR pour la présidentielle : premier débat télévisé entre les cinq candidats lundi soir
Quatre débats télévisés vont être organisés avant le vote pour le candidat LR qui se tiendra du 1er au 4 décembre.

publié le lundi 08 novembre 2021 à 11h20

Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Michel Barnier, Éric Ciotti et Philippe Juvin auront pour mission de séduire les militants républicains qui désigneront en décembre le candidat LR et, au-delà, de convaincre les Français de porter le candidat choisi au second tour de la présidentielle puis à l'Élysée.

Comment faire pour montrer ses différences sans compromettre l'unité du mouvement ? Tel va être le défi des cinq candidats à l'investiture LR pour la présidentielle qui tiennent, ce lundi 8 novembre à partir de 20h45, le premier de leurs quatre débats télévisés, un débat diffusé sur LCI, RTL et Le Figaro

Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Michel Barnier, Éric Ciotti et Philippe Juvin auront une double mission : séduire les militants républicains qui désigneront, du 1er au 4 décembre, le candidat de la droite pour la présidentielle lors du congrès LR et, au-delà, convaincre les Français de porter le candidat ainsi choisi au second tour du scrutin d'avril 2022 puis, objectif suprême, à l'Élysée.



Entre une extrême droite qui mord sur son électorat traditionnel, entre le Rassemblement national de Marine Le Pen et le candidat putatif Éric Zemmour, et les clins d'oeil appuyés du camp Macron, notamment via l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, la droite classique veut afficher son projet propre.

Ces débats vont "nous aider à encore mieux nous rassembler", a assuré le président LR du Sénat Gérard Larcher dimanche, affirmant que la droite, éliminée dès le premier tour en 2017, "n'est pas tant écartelée que cela". Mais les sondages sont pour l'heure le plus souvent décevants : le président sortant semble confortablement en tête du premier tour, avec Marine Le Pen et Éric Zemmour favoris pour l'affronter au second.

Et dans le camp LR même, aucun candidat "n'écrase le match" à ce stade parmi les trois les mieux placés que sont Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Michel Barnier. "Les jeux sont ouverts", estime le chef des députés LR, Damien Abad.

"C'est très difficile de faire un pronostic, il y a une volatilité très forte", reconnaît-il.

Avec des inflexions propres, les cinq candidats déclinent les grands lignes du parti : davantage d'autorité pour l'État et de confiance pour les territoires, rétablissement des finances publiques et de la valeur travail, fermeté sur la sécurité et l'immigration, entre autres. Et renvoyer dos-à-dos l'extrême droite et le président Macron, accusés de d'affaiblir la France et de fracturer la société.

Si chacun interprétera la partition à sa façon, au final doit se dégager l'image d'une "équipe de France" où tous s'engagent à soutenir le vainqueur, souligne Gérard Larcher. Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, pilier du macronisme, a ironisé dimanche sur ce débat, "un ballet de personnes sans projet".

Mieux placé que ses concurrent dans les sondages, Xavier Bertrand souffre parmi les militants et l'appareil du mauvais souvenir laissé par son départ fracassant de LR en 2017. Longtemps hostile à une primaire, le patron des Hauts-de-France a fini par se soumettre à l'idée d'un vote des militants et a aussi repris la carte du parti.

Valérie Pécresse, seule femme du groupe, soigne une image de compétence confortée par sa présidence de la région Île-de-France. Mais elle aussi avait déserté LR avant d'y revenir, et son positionnement plus au centre pourrait décourager une base avide de rupture.

Plusieurs fois ministre et négociateur européen pour le Brexit Michel Barnier offre l'image d'un dirigeant chevronné. Resté loyal envers la formation gaulliste, il bénéficierait d'un fort soutien parmi les militants, mais les sondages le placent régulièrement à la traîne pour parvenir au second tour.

Le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti soigne un positionnement très droitier avec des "idées de rupture" sur l'identité nationale ou l'autorité. En cas de deuxième tour Emmanuel Macron - Éric Zemmour lors de la présidentielle, il voterait pour ce dernier, a-t-il dit. Maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), Philippe Juvin, le moins connu des cinq, joue sur son expérience d'élu local et de professeur de médecine.

Les débats suivants, qui doivent chacun durer une heure trente, sont prévus le 14 novembre sur BFMTV et RMC, le 21 novembre sur Cnews et Europe 1, et le 30 novembre, soit la veille du premier tour du congrès, sur France 2. Les candidats seront également invités au journal de 20 heures de TF1 d'ici au congrès.

Après le verdict des adhérents - LR en revendique plus de 110.000, un chiffre en forte hausse ces dernières semaines - il faudra "qu'on ait tout le monde sur la photo de famille, qu'on donne l'image d'une droite rassemblée, renouvelée, qui a cette furieuse envie de gagner", souligne Damien Abad.
 

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