Interview de Macron : « Le pire de la droite et de la gauche », reproche Le Pen

Interview de Macron : « Le pire de la droite et de la gauche », reproche Le Pen

Marine Le Pen, Christophe Castaner, Bruno Le Maire et Olivier Faure ont commenté l'interview de dimanche soir d'Emmanuel Macron.

leparisien.fr, publié le lundi 16 avril 2018 à 11h26

Soutiens, adversaires et ennemis politiques réagissent à l'entretien télévisé du chef de l'Etat dimanche soir.

Sur la longue interview d'Emmanuel Macron, dimanche soir, par Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, chacun a son avis. Les personnalités politiques interrogées ce lundi matin aussi, qui représentent, chacune, un camp.

« Le vrai visage de Macron », pour le FN

Marine Le Pen a ouvert le bal des matinales. Sur France 2, la députée et présidente du Front national estime que le président de la République a « révélé son vrai visage », une expression qu'elle affectionne. « Il y a un an, il nous a fait croire que, dans le cadre d'un nouveau clivage politique, il représentait le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche ; hier soir (NDLR. dimanche), on a compris qu'il représentait le pire de la droite et le pire de la gauche ». Le pire de la droite parce que « l'acceptation des inégalités comme si c'était une fatalité », « la culpabilisation des Français [...], des chômeurs, des retraités ». Le pire de la gauche du fait de son « immigrationnisme » et son « sans frontiérisme » et « la complaisance à l'égard du fondamentalisme islamiste ».

Sur l'attaque chimique en Syrie ayant justifié le raid dans la nuit de vendredi à samedi, Marine Le Pen se dit à nouveau sceptique : « En aucun cas » le chef de l'Etat n'en a donné les preuves hier soir, assure-t-elle, ajoutant même un peu plus tard qu'« on nous a déjà fait le coup des petites fioles... »

« Le président essaie de créer une légitimité, c'est un mensonge, la communauté internationale ne peut être limitée aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne et à la France », affirme la présidente frontiste.

Sur Notre-Dame-des-Landes, où les forces de l'ordre, déployées en nombre, peinent à stopper la mobilisation, Marine Le Pen estime qu'« il aurait fallu évacuer avant d'annoncer qu'on renonçait à l'aéroport. On leur a donné le sentiment d'exister ». Pour elle, il faut cesser de négocier avec les zadistes qui « depuis cinq ans détruisent tous les centres-villes de Rennes, Paris, Nantes, en bénéficiant d'une grande mansuétude ».

Punch et convictions pour LREM

Quelques minutes plus tard, sur RTL, le délégué général de La République en marche et secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement Christophe Castaner dit avoir vu « un Président qui savait encaisser, qui savait aussi castagner quand c'était nécessaire. Il a tenu le débat ». Pour l'ancien socialiste rallié de longue date à Emmanuel Macron, l'interview de dimanche était « politique » quand celle de jeudi, sur TF 1, était davantage dans la « pédagogie ».

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire est revenu sur le fond. « L'essentiel pour moi est que les messages aient pu être passés », a-t-il expliqué ce lundi matin sur Europe 1. Sur l'opération Hamilton en Syrie, par exemple, « il est nécessaire de faire respecter le droit et de montrer que nos Nations ne se couchent pas » quand la « ligne rouge » des armes chimiques est franchie.

Sur le deuxième jour de solidarité, « je pense qu'aucune décision n'a été arrêtée sur ce sujet », affirme le ministre. Et « non, ce ne serait pas un impôt nouveau » puisque le président s'est engagé à ne pas en créer d'ici à la fin de son mandat. Pour éviter d'en créer, « on peut réduire encore la dépense publique, Gérald Darmanin et moi nous ferons des propositions au président de la République sur un, deux, trois grands chantiers », a-t-il annoncé.

Comédie politique pour les Républicains

Damien Abad, l'un des vice-présidents des Républicains, invité sur C News, qualifie Emmanuel Macron de « président des injustices », « déconnecté des réalités, qui n'a pas mesuré encore cette colère sociale et populaire ». « Aucune annonce, aucune mesure concrète », a reproché le député de l'Ain, malgré deux grands rendez-vous médiatiques dans la semaine. Sur la forme, « les Français n'attendaient pas qu'il fasse un match de boxe ou un match de catch. On attend d'un président de la République qu'il fixe des orientations », qu'il soit « à la hauteur de la fonction », non qu'il « affaiblisse l'autorité présidentielle ». Idem pour l'une des porte-parole du parti de Wauquiez : Laurence Saillet a eu « l'impression d'assister à une comédie politique avec toute une mise en scène », liée notamment au fait qu'Emmanuel Macron a « choisi les journalistes » connus pour leur « franc-parler », a-t-elle fait remarquer sur RFI.

Président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau s'est interrogé, sur RTL : « Je ne sais pas si pendant les 2h40 les Français sont restés devant leur téléviseur ». L'audience de l'émission, tombée à 11 heures, a été de 3,8 millions de téléspectateurs.

Sans vis-à-vis crédible, pour le PS

Premier secrétaire du Parti socialiste, et en quête d'une place pour son parti dans le nouvel échiquier, Olivier Faure a estimé que, comme depuis le début de son mandat, le chef de l'Etat se pose en « grand centre face à des pôles de radicalité », Insoumis et FN, « pour écarter toute alternative crédible ». Sur France Inter, le député de Seine-et-Marne estime que le « long dialogue » présidentiel, sur TF 1, Mediapart, RMC et BFMTV, « n'a pas permis de réparer le dialogue avec les Français ».

Ça change et ça ne change rien, pour LFI

Sur la forme, la France insoumise semble soulagée. « Ça change des passe-plats habituels », a salué Danièle Obono sur RFM et BFMTV pour qui, le face-à-face de dimanche soir n'était pas fait « d'obséquiosité journalistique ». Mais sur le fond la députée de Paris est en désaccord avec tous les points défendus par le président de la République.

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