Intempéries dans l'Aude : les critiques de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon

Intempéries dans l'Aude : les critiques de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon
Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon (Photomontage)

, publié le lundi 15 octobre 2018 à 19h42

"Il faut savoir s'il y a des manquements", s'est interrogée lundi la présidente du Rassemblement national après les inondations meurtrières dans l'Aude. Le leader de la France insoumise a de son côté dénoncé un manque d'anticipation.

Trois mois de pluie en quelques heures et un bilan très lourd : au moins 12 personnes ont été tuées dans la nuit de dimanche à lundi 15 octobre à la suite de violents orages qui ont provoqué de graves inondations dans l'Aude, placée en vigilance rouge depuis 6h du matin.

Le Premier ministre, et ministre de l'Intérieur par intérim, Édouard Philippe s'est rendu sur place dans l'après-midi pour exprimer "son soutien" à ceux qui "ont vu leur vie basculer" et ont eu "peur" face à l'eau "qui est montée très vite".



Il a par ailleurs annoncé que le gouvernement allait mettre en œuvre la "procédure de catastrophe naturelle accélérée".

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a fait part de son côté de la "solidarité" de la représentation nationale. "J'adresse en notre nom un message de solidarité aux victimes et à leurs proches", a déclaré depuis le perchoir l'élu de La République en marche à l'ouverture des débats sur le projet de budget 2019.



"Le pays est en train de payer naturellement la conséquence de ceux qui n'ont rien prévu"

De son côté, le leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a adressé, lors d'une conférence de presse, "un salut fraternel et cordial" à "ceux qui sont dans la peine, dans le deuil, (et) à tous ceux qui contribuent à les secourir". "J'appelle mes amis Insoumis de la région à se retrouver sur place" pour "un coup de main matériel et affectueux", a ajouté le député des Bouches-du-Rhône.

"Le pays est en train de payer naturellement la conséquence de ceux qui n'ont rien prévu, ni en matière de dérèglement climatique, ni en matière de mal occupation des sols, et de mauvaise utilisation des cultures", a-t-il pointé. "Un jour ou l'autre, on finira par avoir besoin d'un véritable gouvernement de salut public écologique, capable de commencer à prendre des dispositions anticipant des situations de ce type, et prévoyant de les éviter", a conclu le chef de file des députés LFI.

"Il faut tout remettre sur la table"

Invitée de CNews, Marine Le Pen s'est demandé s'il n'y avait pas eu des "manquements". "Il faut absolument que l'on puisse savoir s'il y a des manquements en terme d'aménagement du territoire. Parce que ce n'est pas le premier épisode d'inondations que vit notre pays", a déclaré la présidente du Rassemblement national (RN, ex FN).



"Émergent régulièrement des reproches, des critiques sur la manière dont a été conçue l'urbanisation dans notre pays", a-t-elle ajouté. "Il faut tout mettre tranquillement sur la table, que ce soit dans ce domaine de l'urbanisation, ou que ce soit dans les processus traditionnels d'alerte qui doivent permettre les évacuations, et qui peut-être n'ont pas mesuré (...) l'importance du phénomène auquel se sont trouvés confrontés les habitants de l'Aude", a développé la députée du Pas-de-Calais

"Il y a la nécessité de vérifier ce qu'il s'est passé. Est-ce qu'on pouvait prévenir, est-ce-qu'on pouvait anticiper, est-ce-qu'il y a une faute ? De la part de qui ? Quel acteur?", s'est de son côté interrogé le premier secrétaire du PS Olivier Faure sur LCP. "Il faut toujours se mettre dans l'idée d'évaluer une catastrophe", a-t-il fait valoir.



Un peu plus tôt dans la journée, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Frédéric de Lanouvelle, a pointé une "une fragilité" dans le système de vigilance de Météo France. "Il y a une fragilité au niveau de la vigilance orange - on l'a vu avec la neige qui est tombée sur l'Ile de France il y a quelques mois - qui est très souvent utilisée et quand il y a un vrai problème, les gens n'en tiennent plus compte", a-t-il déclaré sur LCI.

"Et puis il y a le problème de cette vigilance rouge, je ne connais pas par cœur le processus de déclenchement de cette vigilance, mais en l'occurrence cette nuit, au vu du témoignage de certains habitants, elle a été déclenchée trop tard", a-t-il ajouté.

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