Insécurité : Gérald Darmanin veut "stopper l'ensauvagement d'une certaine partie de la société"

Insécurité : Gérald Darmanin veut "stopper l'ensauvagement d'une certaine partie de la société"
Le maire de Nice Christian Estrosi (à gauche) et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, à Nice, le 23 juillet 202.

publié le samedi 25 juillet 2020 à 08h20

Le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice se rendent ce samedi matin à Nice. Ils devraient faire des "annonces concrètes" pour lutter contre les insécurités.

Confronté à la montée en puissance du sujet de l'insécurité après plusieurs épisodes de violences, l'exécutif serre la vis. "Nous assistons à une crise de l'autorité.

Il faut stopper l'ensauvagement d'une certaine partie de la société. Il faut réaffirmer l'autorité de l'État, et ne rien laisser passer", a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin dans une interview au Figaro



Le chef du gouvernement Jean Castex, le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice Eric Dupond-Morett sont attendus ce samedi matin à Nice, où des tirs ont éclaté en plein jour lundi devant un supermarché du quartier sensible des Moulins, connu notamment pour être un lieu de trafic de drogue dans la ville. Le chef du gouvernement, qui doit faire une allocution à midi à la préfecture, a promis "des annonces concrètes" pour lutter contre des actes "profondément inadmissibles". "Au-delà des faits graves qui ont eu lieu au quartier des Moulins" qui donneront lieu à des "annonces locales", "le Premier ministre réaffirmera sa détermination à faire cesser les violences du quotidien", a précisé vendredi soir Matignon.

Dès sa déclaration de politique générale, le 15 juillet, Jean Castex avait promis "une réponse ferme et sans complaisance" à des "faits inacceptables qui exaspèrent les Français", évoquant plusieurs épisodes récents. Il avait cité les violences "commises dans les quartiers des Grésilles et de Chenôve à Dijon"(où il s'est rendu une semaine après sa nomination), "l'attaque ignoble contre un chauffeur de bus à Bayonne, les guets-apens tendus aux représentants des forces de l'ordre et à nos pompiers dans certains quartiers, les trafics en bas des cages d'escaliers, la banalisation de la délinquance du quotidien".

Le chef de l'Etat Emmanuel Macron a enfoncé le clou mardi en assurant qu'il serait "intraitable" sur les incivilités à l'égard notamment des forces de l'ordre et des pompiers pour qu'elles ne deviennent pas "une habitude". "Je l'ai toujours dit et je le redis avec fermeté, c'est la tolérance zéro", avait appuyé le chef de l'Etat. Jeudi, c'est le ministre de l'Intérieur qui a adopté la même posture martiale en promettant, lors d'un déplacement dans la capitale azuréenne, de "faire plier ceux qui veulent faire plier la République", tout en dénonçant "une minorité d'emmerdeurs qu'il faut absolument confondre par la loi".

Jean Castex, qui avait réservé l'une de ses premières visites de terrain à un commissariat de la Courneuve (Seine-Saint-Denis) est très attendu sur ces sujets, qui offrent un angle d'attaque aux oppositions de gauche comme de droite, critiques sur la stratégie de l'exécutif face aux questions régaliennes. Plusieurs responsables de son ancienne formation politique, LR, sont notamment montés au créneau ces derniers jours, à commencer par le maire de Nice, Christian Estrosi, qui a demandé lundi des "moyens supplémentaires" et un "plan d'action immédiat permettant de rétablir l'ordre", jugeant la situation du quartier des Moulins "très préoccupante". Une unité de force mobile composée d'une soixantaine d'agents a été dépêchée sur place dans la foulée. 

Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a, lui, demandé vendredi à l'État "d'assumer ses missions régaliennes" et d'en finir avec les "zones de non-droit et le sentiment d'impunité". La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen avait pour sa part affirmé au lendemain de la déclaration de politique générale de Jean Castex que les Français ne voulaient "plus être payés de mots" et voulaient "des actes" contre "l'ensauvagement" de la société. 
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.