Incivilités et délinquance : le "cri d'alarme" des maires à Emmanuel Macron

Incivilités et délinquance : le "cri d'alarme" des maires à Emmanuel Macron
Une voiture de police (illustration)

, publié le dimanche 17 novembre 2019 à 07h57

Une cinquantaine d'édiles de tous bords ont publié une tribune réclamant "le retour immédiat de l'action publique concrète de l'Etat" face à "la multiplication de dégradations" qui laissent leurs administrés "désemparés".

Après un été marqué par la mort tragique du maire de Signes (Var), renversé par une camionnette, la 102e édition du Congrès des maires de France doit se tenir de lundi 18 à jeudi 21 novembre à Paris, sur le thème "Les maires au coeur de la République". Dans ce contexte, des édiles et associations d'élus de petites et moyennes communes lancent un "cri d'alarme" à Emmanuel Macron pour demander "plus de moyens humains, matériels et logistiques" face à la "recrudescence" des incivilités et de la délinquance, commise par une "minorité qui ne recule plus devant rien".

"Chaque jour dans nos communes, nous constatons la dégradation rapide du 'vivre ensemble' au profit d'une tension sociale qu'alimentent la recrudescence d'incivilités et d'actes délictueux", déplorent les élus, dans une tribune publiée dimanche dans le JDD.

Sentiment d'impunité" et "chacun pour soi"

Avant le passage du président de la République au congrès des maires mardi 19 novembre, les signataires, dont l'ex-ministre François Rebsamen (PS), président de la FNSER (Fédération nationale des élus républicains et socialistes) et maire de Dijon, Christophe Bouillon (PS), président de l'association des petites villes de France, Marc Vuillemot, président de l'association Ville et Banlieue et une cinquantaine de maires "de toutes obédiences" se disent sollicités au quotidien par des administrés "de plus en plus désemparés".

Ils évoquent "la multiplication de dégradations d'une rare violence commises par une minorité agissante qui ne recule plus devant rien, la banalisation de l'économie parallèle, l'omniprésence de rodéos de motos et/ou de voitures troublant en permanence l'ordre public". Le tout favorisant le "sentiment désespérant d'une société en échec" face au "chacun pour soi" et "l'impunité des délinquants".  "Nous demandons le retour immédiat de l'action publique concrète de l'Etat sur nos territoires, ce qui signifie, pour nous, plus de moyens humains, matériels et logistiques", écrivent-ils, constatant "que les effectifs de police et de gendarmerie déployés (...) sont insuffisants", et que "les moyens humains, matériels et logistiques font également défaut à l'institution judiciaire" pour prévenir la récidive.



Leur "cri d'alarme", disent les élus, est aussi "motivé par de très vives inquiétudes quant à l'évolution des effectifs et à la modification de la carte judiciaire actuellement en discussion dans le cadre de l'examen parlementaire du Projet de Loi de Finance (PLF)" 2020. Ils appellent à "un redéploiement spécifique et pertinent des moyens et des effectifs pour assurer un meilleur maillage territorial et une plus grande réactivité des services sur le terrain", et suggèrent de revoir les "attributions ou périmètres" de certains commissariats ou gendarmeries. Enfin, ils demandent "une consultation rapide des élus locaux (...) dans le cadre de la mise en œuvre du plan de lutte antidrogue qui vient d'être annoncé".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.