Immigration: la majorité embraye sur les quotas, la gauche dénonce une manoeuvre

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La porte-parole de LREM Aurore Bergé à l'Assemblée nationale, à Paris, le 7 mai 2019
La porte-parole de LREM Aurore Bergé à l'Assemblée nationale, à Paris, le 7 mai 2019
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© AFP, Philippe LOPEZ
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AFP, publié le lundi 17 juin 2019 à 14h07

La majorité a salué lundi l'ouverture d'un débat sur les quotas en matière d'immigration, lancé dimanche par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, la gauche y voyant elle une manoeuvre politique pour séduire l'électorat de droite et du RN.

"Il ne faut pas avoir peur des mots, si on commence avant même le débat à se dire : attention, il ne faut pas qu'on utilise tel mot parce qu'on aurait peur de son utilisation, notamment le mot quota, dans ce cas-là, ce débat ne sert à rien", a estimé la porte-parole de LREM Aurore Bergé sur BFMTV et RMC.

"Peut-être que sur l'immigration économique des quotas pourraient être efficaces pour permettre à ceux qui souhaitent venir en France de savoir s'ils pourront y être accueillis, s'il y aura un débouché, (...) un travail à la clé", a plaidé la députée des Yvelines, qui ne souhaite pas en revanche appliquer ce principe à l'immigration familiale.

"Il y a une logique à continuer à faire venir des gens, ceux qui vous disent : il faut une immigration zéro", comme le Rassemblement national, "c'est un leurre", a-t-elle ajouté.

"Ce qu'a ouvert Christophe Castaner, c'est de dire: est-ce qu'en matière d'immigration professionnelle, de gens qui viennent pour travailler dans notre pays de manière légale, on ne peut pas fixer des objectifs, on ne peut pas avoir une politique publique plus construite qu'aujourd'hui. Ça c'est serein, c'est sain, c'est objectif et ce n'est pas agiter des chiffons rouges", a abondé l'un des chefs de file de l'aile gauche de LREM le député Aurélien Taché sur BFMTV.

Christophe Castaner a relancé dimanche le débat sur l'épineux sujet des quotas d'immigration, hors demandeurs d'asile, juste après l'annonce par Edouard Philippe d'un débat annuel sur cette question, dont le premier est prévu en septembre.

L'idée des quotas a été régulièrement défendue par Les Républicains. "Quotas d'immigrants, refonte du droit d'asile, contrôles de l'entrée sur le territoire, mesures d'éloignement pour les déboutés... Si le gouvernement agit vraiment dans ces domaines, il nous trouvera à ses côtés... En espérant qu'il ne s'agit pas seulement d'incantations électoralistes", a commenté sur Twitter le sénateur LR Roger Karoutchi.

"C'est un sujet qui permet de ne pas parler d'autre chose, qui permet de penser que le problème c'est aujourd'hui les immigrés, non pas le chômage, non pas la question du partage des richesses", a critiqué le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel sur France 2.

"C'est un sujet aussi qui alimente le Rassemblement national et, paradoxalement, je pense que ce pouvoir a intérêt à alimenter le RN", a-t-il accusé.

Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, estime que "le pouvoir cherche, dans un glissement vers la droite, à séduire un électorat qui devient son électorat de prédilection". 

Selon lui, ces quotas ne pourraient s'appliquer qu'à l'immigration de travail, qui est moins importante que l'immigration familiale et qui est déjà contrôlée. Ils "nourrissent un autre fantasme, qui est d'en finir avec l'immigration tout court, et qui est le fantasme de l'extrême droite", a-t-il ajouté sur Radio Classique.

Karima Delli, députée européenne EELV, a appelé sur RFI M. Castaner à mettre en place "une nouvelle politique d'asile et une nouvelle politique d'accueil" et "à faire en sorte qu'on retrouve l'honneur de la France, patrie des droits de l'Homme".

Le Rassemblement national est opposé aux quotas, les jugeant inutiles "parce que les gens arrivent et ne repartent pas, parce qu'il n'y a pas de frontières", a dénoncé le député du Nord RN Sébastien Chenu sur LCI.

La cheffe du RN Marine Le Pen a dénoncé dimanche "un moyen d'endormir les électeurs". "Nicolas Sarkozy nous avait déjà fait ce coup-là pour essayer de faire passer la pilule d'une immigration légale de plus en plus importante", a-t-elle ironisé.

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