Immigration : Emmanuel Macron ne croit pas en une vague massive après la chute de l'Afghanistan

Immigration : Emmanuel Macron ne croit pas en une vague massive après la chute de l'Afghanistan
Emmanuel Macron à Erbil, en Irak, le 29 août 2021.

publié le lundi 30 août 2021 à 08h24

"On commence à voir augmenter ces arrivées, un peu", a estimé le président, qui réclame une meilleure organisation de l'Europe pour faire face à la pression migratoire.

L'afflux de migrants en provenance de l'Afghanistan après la prise de pouvoir des talibans ne sera pas aussi important que la vague venue de Syrie en 2015, a estimé dimanche 29 août Emmanuel Macron.

"Je ne pense pas que la situation que nous allons vivre soit comparable à 2015 parce que l'Afghanistan n'est pas la Syrie, et parce qu'il y a déjà eu de très fort mouvements" de migrants afghans au fil des ans, a déclaré le chef de l'État sur les chaînes TF1 et LCI. "Ce qui est sûr, c'est qu'il y aura plus de monde qui essaiera de venir en Europe et donc cela créera une pression sur nos capacités à accueillir", a-t-il déclaré, en référence aux flux illégaux et faisant le distingo avec l'asile.

"On commence à voir augmenter ces arrivées, un peu", a-t-il dit, mais "il ne faut pas susciter des peurs inconsidérées."

Concernant le droit d'asile, il a répété que la France allait par ailleurs accueillir les Afghans menacés par les talibans. "C'est inconditionnel, nous devons le faire et nous l'avons toujours fait".


Au sujet des Afghans que Paris veut mettre à l'abri des talibans en raison de leur engagement aux côté de la France par le passé ou leur engagement pour les droits humains, il reste "plusieurs milliers de femmes et d'hommes qui sont à protéger", a déclaré Emmanuel Macron.

"On a fait le maximum de ce que nous pouvions faire (...) nous allons construire avec nos partenaires, par une négociation aussi avec les talibans qui maintenant s'impose, les solutions pour au fil de l'eau, au maximum, leur permettre de quitter Kaboul et l'Afghanistan, et d'être protégés", a-t-il dit, alors que la France a fermé son pont aérien vendredi et que les États-Unis sont sur le point de fermer le leur.

En 2015, l'Europe avait subi une très importe vague de migration illégale provoquée notamment par la guerre en Syrie, qui a provoqué un intense malaise en Europe et accentué la crise entre pays membres sur la répartition de la pression migratoire. La pression à venir "suppose que l'Europe s'organise mieux", a insisté le président, alors que la question de la migration illégale est un sujet sensible en Europe, et particulièrement en France à huit mois de l'élection présidentielle. L'immigration s'affirme déjà comme l'un des thèmes de la campagne électorale à venir.


Emmanuel Macron a notamment été critiqué par la gauche pour avoir évoqué les flux migratoires illégaux en provenance d'Afghanistan juste après la chute de Kaboul, tandis que la droite l'accusait de naïveté.

Le président français a aussi implicitement critiqué les Etats-Unis qui sous-traitent à d'autres pays, notamment dans les Balkans, l'accueil des Afghans qu'ils ont évacués, facilitant de facto leur éventuelle venue en Europe et non aux États-Unis. Certains "arrivent dans des pays des Balkans (...) parfois à la demande d'autres puissances. Nous devons être à cet égard très exigeants, l'Europe prendra sa part mais elle ne peut pas prendre la part de tout le monde", a-t-il mis en garde, alors que par exemple le Kosovo est un sous-traitant d'accueil pour les États-Unis.

Enfin, il a appelé les Nations Unies à aider les pays voisins de l'Afghanistan, où se trouvent le plus grand nombre de réfugiés. "Au Pakistan et en Iran, il y a plusieurs millions de réfugiés. Ce que nous devons faire, c'est de nous mettre en situation d'aider ces États à stabiliser ces populations (...) dans le cadre des Nations-Unies".

Interrogé sur un éventuel risque terroriste accru après la prise de pouvoir des talibans, qui ont par le passé abrité des terroristes, Emmanuel Macron a souligné que "nous devons tous rester dans la vigilance". Il a également insisté sur l'importance de ne pas "confondre" le risque terroriste et les migrations. "Ces dernières années, les attentats en France ont plutôt été le fait d'individus isolés, qui avaient pu être influencés par des contenus extérieurs" mais "pas de complots qui étaient construits depuis l'extérieur". "Nous avons renforcé nos moyens, nous travaillons avec nos partenaires et aussi avec les pays amis qui sont frappés par le terrorisme", comme l'Irak, a-t-il précisé.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.