Immigration : Edouard Philippe "n'a pas peur de réfléchir à l'idée de quotas"

Immigration : Edouard Philippe "n'a pas peur de réfléchir à l'idée de quotas"
Edouard Philippe, le 7 octobre 2019, à l'Assemblée nationale

publié le lundi 07 octobre 2019 à 17h10

Le Premier ministre a ouvert ce lundi 7 octobre le débat sur l'immigration à l'Assemblée nationale, déclarant que le système français d'asile est aujourd'hui "saturé". Il a au passage pourfendu la théorie de "l'immigration de remplacement", qui fait selon lui appel "aux ressorts les plus détestables du complotisme".

Réclamé puis annoncé par Emmanuel Macron, le débat parlementaire sur l'immigration s'est ouvert ce lundi 7 octobre avec une allocution d'Edouard Philippe devant les députés.

Le Premier ministre a commencé son discours en empruntant les mots d'un de ses prédécesseurs, Michel Rocard. Il a ensuite fait état d'un système français d'asile "saturé". "En 2018, la France a enregistré le record de 123.000 demandes d'asile", a t-il rappelé, estimant que la France "n'a pas atteint tous" ses objectifs en matière de politique migratoire et de lutte contre l'immigration irrégulière.

"La question d'un pilotage par objectifs de l'admission au séjour n'est pas tabou. Je n'ai pas peur de réfléchir à l'idée de quotas. Il nous faut donc regarder sujet après sujet. On sait depuis longtemps que les quotas ne s'appliquent ni à l'asile ni à l'immigration familiale. Pour autant, celle-ci ne pourrait échapper à toute maîtrise. Il faut lutter contre les abus et les fraudes, et resserrer les critères là où cela s'impose" a t-il poursuivi.

Le Premier ministre a en revanche balayé l'idée de la fin du droit du sol, réclamée par des élus de droite. "Je ne vois pas bien en quoi à l'échelle du pays, la fin du droit du sol serait une réponse". Il a également adressé une critique virulente à l'égard de la théorie de "l'immigration de remplacement", un "vocable d'une laideur certaine qui fait appel aux ressorts les plus détestables du complotisme.


Ces théories "inspiraient encore récemment des discours dont j'ai eu l'occasion de dire qu'ils étaient profondément contraires à l'idée dont nous nous faisons de la France et de la République" a t-il encore asséné, en référence à la récente "Convention de la droite" organisée le 28 septembre dernier autour de Marion Maréchal et Eric Zemmour.

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