"Ils ont perdu la boule, le pouvoir les transforme" : cet ami d'Emmanuel Macron qui ne le reconnaît plus

"Ils ont perdu la boule, le pouvoir les transforme" : cet ami d'Emmanuel Macron qui ne le reconnaît plus
Emmanuel Macron le 22 novembre 2018.

, publié le jeudi 22 novembre 2018 à 18h24

Bernard Mourad, ami depuis 10 ans d'Emmanuel Macron et qui l'a accompagné jusqu'à l'Élysée, "est l'un des derniers qui ose encore lui parler cash", écrit cette semaine Vanity Fair. Le quadragénaire, nouveau patron de Bank of America en France, s'est livré dans détour sur sa relation avec le chef de l'État dans les colonnes du magazine.

"Voilà le seul mec qui m'insulte encore", dit de lui Emmanuel Macron, avec tendresse.

Bernard Mourad, récemment nommé à la tête de Bank of America-Merrill-Lynch en France, connaît le chef de l'État depuis 2008. À l'époque, le banquier lui fait passer un entretien d'embauche chez Morgan Stanley et lui conseille... de postuler chez Rotschild, où il sera effectivement recruté.

Depuis, les deux hommes sont proches. Bernard Mourad est "l'un des derniers qui osent parler 'cash' au chef de l'État", écrit cette semaine Vanity Fair, qui publie un long papier sur le quadragénaire. "À 43 ans, il lui tient à cœur de livrer sa vérité, par fidélité au chef de l'État, par égard pour leur engagement politique, leurs idéaux de jeunesse", écrit le magazine, qui précise qu'il a obtenu l'accord du président pour cet entretien.

"Sur un malentendu, ça peut marcher"

Politiquement, Bernard Mourad est aux côtés d'Emmanuel Macron dès 2011, lorsqu'il a commencé à œuvrer pour François Hollande. En 2016, il s'engage dans la campagne présidentielle du désormais ex-ministre de l'Économie. "Sur un malentendu, ça peut marcher", répètent-ils en boucle. Contrairement à son ami Benjamin Griveaux, qui a également rejoint l'équipe du futur président de la République, il ne figure pas dans l'organigramme. Mais il est très présent, à tel point que certains l'appellent "monsieur le ministre".

Juste avant la victoire, alors qu'il se trouve au Liban pour s'occuper de son père malade, Bernard Mourad lui envoie, par SMS, "You're making history (tu fais l'Histoire), je suis si fier de toi". "Merci mon lapin. Tu en as bavé", lui répond alors Emmanuel Macron.

"C'est 100% pour ta gueule ?"

Une fois à l'Élysée, les deux hommes continuent à échanger. Mais "Macron ne répond plus du tac au tac; il confesse sa fatigue", explique son ami. "Ça n'arrête pas, il faut se battre sur tous les fronts", lui écrit notamment le président.

Aujourd'hui, le banquier "ne reconnaît plus son ami, ce dirigeant arrogant estampillé président des riches", écrit Vanity Fair. Il cherche des explications : "Le poids de la fonction, de la technocratie qui l'ont sans doute, dit-il, entraîné dans cette absconse réforme de la taxe d'habitation."

La "gestion calamiteuse" de l'affaire Benalla a été, selon lui, la goutte d'eau. "Ils ont perdu la boule. Ils ne voient plus clair, le pouvoir les transforme", s'insurge-t-il. "Wake up! (réveille-toi!)... Ils délirent tous en com'. Tu contrôles ces sorties invraisemblables ou ils font seuls ces sorties de route", lui demande-t-il par message. Le locataire de l'Élysée lui assure qu'il n'y est pour rien.



Un soir, il l'a plaint de ne pas pouvoir s'appuyer sur des personnalités solides : "C'est 100% pour ta gueule ? Mais au fond, tu t'en fous peut-être... ?" Réponse d'Emmanuel Macron : "Exactement ;)".

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