"Ils ne sont pas calés" : la réforme des retraites fait des remous au gouvernement

"Ils ne sont pas calés" : la réforme des retraites fait des remous au gouvernement
Emmanuel Macron et Jean-Paul Delevoye, en mars 2017, à Paris

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 08 novembre 2019 à 11h43

Les propos de Jean-Paul Delevoye, rapporteur du projet de réforme des retraites, suscitent la circonspection à l'Elysée et Matignon. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT appelle le gouvernement à "sortir du bois", estime que les hésitations de l'exécutif donnent à penser que Macron et Philippe "auraient peur" de lancer la réforme.

Le "couac" a fait grand bruit.

Ce jeudi 7 novembre, Jean-Paul Delevoye a rejeté la "clause du grand-père", qui consiste à n'appliquer qu'aux seuls nouveaux entrants la prochaine réforme des retraites. Cette fin de non-recevoir a fait tiquer l'exécutif. En Conseil des ministres, Emmanuel Macron aurait ainsi appelé les membres du gouvernement à ne pas se prononcer sur "ce qui serait une bonne réforme ou pas", rapporte France 3. "Le débat est ouvert. Mon rôle est d'apporter des contributions au débat", a déclaré ce vendredi matin Jean-Paul Delevoye.


"Je pense surtout que ça révèle qu'ils ne sont pas calés", a commenté ce vendredi 8 novembre Laurent Berger, au micro de RTL. Au cours de cet entretien, le secrétaire général de la CFDT a ainsi demandé au gouvernement de "sortir du bois" pour "éclaircir sa position sur la pénibilité, sur les carrières des femmes, sur les régimes particuliers". "Je dis au gouvernement, c'est le moment de donner des gages!", a t-il lancé. 


"Le gouvernement doit redonner du sens à la réforme qu'il veut porter, en disant 'on veut une réforme juste, qui va réduire les inégalités que subissent les femmes, les carrières précaires, ceux qui ont des métiers pénibles, ceux qui ont travaillé un peu dans le privé et un peu dans le public et qui sont pénalisés au moment de la retraite', en gros, qu'il dise les éléments de progrès qui doivent être contenus dans cette réforme", a souligné le leader syndical. "S'il ne le dit pas, il donne à penser que cette réforme serait une punition et si c'est une punition, personne ne l'acceptera", ajoute-t-il. "Aujourd'hui, le gouvernement, par ses atermoiements, donne à penser que cette réforme, ils en auraient peur parce qu'elle serait punitive", a t-il conclu.

"Pas de divergences de ligne", assure Ndiaye

Interrogée sur des divergences supposées au sein du gouvernement, Sibeth Ndiaye a fait valoir que "c'est le Premier ministre qui est le chef du gouvernement et qui à ce titre met en œuvre la politique qui lui est demandée par le président de la République". "Il n'y a pas de divergences de ligne à l'intérieur du gouvernement", a t-elle assuré, tandis qu"Édouard Philippe avait indiqué mercredi soir que le gouvernement avait "ouvert toutes les pistes s'agissant de la transition" vers un nouveau système.
 

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