"Il va falloir encore tenir", répond Emmanuel Macron à une étudiante en détresse

"Il va falloir encore tenir", répond Emmanuel Macron à une étudiante en détresse
Emmanuel Macron le 13 janvier 2021 à Paris.

, publié le samedi 16 janvier 2021 à 10h55

Dans une lettre relayée dans les médias et sur les réseaux sociaux, Heïdi Soupault, étudiante à Science-Po Strasbourg, avait interpellé le chef de l'Etat pour alerter sur sa situation face à la crise du Covid-19 et réclamant qu'on lui "rende sa vie". Assurant comprendre sa colère, le président lui a demandé "encore un effort pour quelques semaines".

"A dix-neuf ans, j'ai l'impression d'être morte." C'est par ces mots très forts que Heïdi Soupault a interpellé Emmanuel Macron cette semaine.

La jeune femme, étudiante en deuxième année à Science-Po Strasbourg, a écrit au président une lettre relayée dans les médias et sur les réseaux sociaux et signée "une morte-vivante", pour lui dire son "impression d'être morte" et de n'avoir "plus de rêves" avec la solitude imposée aux jeunes privés de cours en amphi, de vie estudiantine normale et à l'horizon professionnel rendu plus incertain. 




"Je comprends la difficulté du travail qui est le vôtre" mais "tous mes projets s'écroulent les uns après les autres" et "pour une fois je dis merde à la solidarité", écrit-elle dans ce courrier. "Ma vie n'a aucun sens et mon avenir est bouché", estime-t-elle, déplorant : "si on n'a ni espoir, ni perspective d'avenir à 19 ans, il nous reste quoi ? Un trou noir de 'peut-être'". 

"Je vous demande encore un effort"

Une détresse à laquelle a répondu vendredi 15 janvier Emmanuel Macron, révèle l'AFP, qui a pu consulter le courrier du chef de l'Etat. "Cette épidémie vous vole beaucoup", reconnaît-t-il. "Envolée l'année d'études dont vous rêviez, les expériences que vous imaginiez, les amitiés et les amours que vous espériez. Obscurci votre avenir qui, déjà incertain, est soudain devenu un épais brouillard", poursuit-il.

"C'est dur d'avoir 20 ans en 2020 : ce n'était pas une simple formule", ajoute M. Macron, qui assure que la situation de la jeune femme et celle décrite par de nombreux autres messages le "touche" et le "préoccupe". "Mais je vous le dis en franchise : il va falloir encore tenir", affirme-t-il, en rappelant que la situation épidémique ne permettait pas de rouvrir pour l'instant les universités, même si quelques assouplissements sont prévus pour les travaux dirigés. "Les choses vont bouger dans le bon sens, mais en tenant compte des contraintes", promet-il.

"Alors, si je comprends votre colère, chère Heïdi, ce 'ras le bol' qui vous pousse à dire stop à la solidarité, je vous demande encore un effort. Pour quelques semaines", écrit M. Macron. "Dans ce combat, j'ai pleinement conscience que nous avons demandé beaucoup à notre jeunesse. Ce que vous avez accompli est un exemple pour nous tous. Nous savons ce que nous vous devons", ajoute le chef de l'Etat. "Je serai là pour rendre à votre génération un peu de ce qu'elle a donné pendant cette épreuve", promet-il encore.

L'étudiante déçue

"C'est quand même assez incroyable, on a eu la considération qu'on voulait dans le sens où ça ne peut pas être entendu plus haut",  a réagi par la suite Heïdi Soupault sur BFMTV. "Je ne peux pas m'empêcher d'être déçue", a-t-elle confié, toit en assurant comprendre cette réponse difficile.



Les étudiants de première année à l'université pourront reprendre par demi-groupes les travaux dirigés en présentiel à partir du 25 janvier, a annoncé jeudi Jean Castex lors d'une conférence de presse. Cette mesure s'étendra ensuite, "si la situation sanitaire le permet, aux étudiants des autres niveaux", a ajouté le Premier ministre, en exprimant la "préoccupation" du gouvernement face au "profond sentiment d'isolement, mais aussi les vraies difficultés pédagogiques" des étudiants. Le chef du gouvernement a par ailleurs assuré que le renfort de 80 psychologues et 60 assistants sociaux serait pérennisé jusqu'à la fin 2021. Les référents universitaires et tuteurs étudiants seront eux aussi prolongés a minima jusqu'à la fin de l'année.

S'ils ont salué ces annonces comme une "avancée", les représentants du monde universitaire ont déploré l'absence de "mesures d'urgence" pour leur venir en aide. 

 

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