"Il n'y a plus de connexion entre la croissance et le bonheur", affirme François Ruffin

"Il n'y a plus de connexion entre la croissance et le bonheur", affirme François Ruffin
François Ruffin à l'Assemblée nationale, en juillet 2019.

, publié le mercredi 06 novembre 2019 à 11h20

Selon le député de la Somme, "aujourd'hui, il n'y a plus besoin de faire davantage grossir le gâteau, il faut mieux le répartir". 

Invité de France Inter mercredi 6 novembre à l'occasion de la sortie de son livre "Il est où, le bonheur", le député apparenté LFI de la Somme François Ruffin est revenu sur l'urgence de créer un État écologique et de revoir notre rapport à la croissance. 

"Je pense que ça aide d'avoir des enfants et de se dire 'dans quel monde de merde ils vont vivre '", explique le député. S'il s'agit là d'"une angoisse", la question à se poser selon lui "c'est comment je transforme l'angoisse en espérance". Si "on va vers une destruction de la planète", comme le clame François Ruffin, l'heure est également "à l'espérance" selon lui.

"Je crois qu'il y a un au-delà de l'homme. L'homme ne peut pas être un acheteur d'Iphone 11 à qui on promet que, demain, la 5G lui permettra d'être connecté à son frigo. Ce n'est pas possible ça", estime-t-il. 


Selon le député, "aujourd'hui, et depuis les années 70, il n'y a plus de connexion en France entre la croissance et le bonheur". Et c'est "vrai dans tous les pays développés", analyse-t-il. "Aujourd'hui, il n'y a plus besoin de faire davantage grossir le gâteau, il faut mieux le répartir", poursuit-il. Et "à partir du moment où le bonheur n'est plus dans les biens, il est dans les liens, il est dans la qualité de relation qu'on entretient avec nos voisins nos cousins, nos collègues", veut croire le député. 

François Ruffin est revenu sur l'urgence de changer de gouvernance. "Les manettes du monde sont laissées à des dirigeants qui sont les plus fous, les plus cyniques ou les plus aveugles ou les plus inconscients, je ne sais pas mais ils foncent droit dans le mur...", explique-t-il. "On se dit qu'on est tous dans le même bateau, mais eux sont déjà dans des canots de sauvetage, ils se tirent, ils préparent leur exil climatique", déplore-t-il. 

"On a des études (...) qui montrent que dans les moments d'effondrement, les élites s'effondrent avec une deux trois générations de retard donc elles peuvent continuer à foncer dans le mur en retardant le délai", poursuit-il. Et de conclure : "si on leur laisse les manettes à eux, on est mort ! Il faut leur reprendre les manettes et vraiment changer de direction."


Pour s'en sortir les "petits gestes" ne suffiront pas, estime François Ruffin. "Dans l'exemple des luttes sociales, on n'a pas mis fin au travail des enfants (...) on n'a pas obtenu des congés payés parce que les consommateurs se sont dits 'je ne vais plus aller acheter du textile produit dans des usines où il y a eu du travail des enfants'. Il faut des lois", affirme-t-il.

"Je suis pour des lois qui contraignent, qui encadrent, qui régulent l'économie", a conclu le député.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.