"Il n'y a pas de déplacement facile" : Emmanuel Macron chahuté dans le Lot

"Il n'y a pas de déplacement facile" : Emmanuel Macron chahuté dans le Lot
Emmanuel Macron à Martel, dans le Lot, le 3 juin 2021.

publié le jeudi 03 juin 2021 à 17h18

"Il y a des colères qui s'expriment, c'est normal", a estimé le chef de l'Etat après avoir été vivement interpellé par plusieurs individus au cours de son déplacement dans le Lot jeudi 3 juin. 

En déplacement dans le Lot au cours d'un périple destiné à "prendre le pouls" de la France post-Covid, Emmanuel Macron a pu constater jeudi 3 juin la colère de certains. Alors qu'il se rendait à la rencontre des habitants du village de Martel, le chef de l'Etat a été vivement interpellé par quelques individus.



Un homme s'est notamment mis à hurler à quelques mètres de lui, rapporte BFMTV. "J'ai des enfants qui sont au plus mal, ils y ont cru au système, je leur ai payé des études, ils sont au chômage et se sont rapatriés dans cette belle région parce que j'ai un toit sur la tête qui leur permet d'être à l'abri!", a-t-il crié. "Contre le poids de vos réformes, il n'y a plus beaucoup de gens qui y croient monsieur", a-t-il encore dit.

"Heureusement que vous partez bientôt!", a-t-il ajouté, "bravo Macron, t'en a plus pour longtemps!"

Un autre homme a de son côté demandé des comptes sur la mort de Steve Maia Caniço, le jeune homme décédé à Nantes après une opération de police lors de la fête de la musique 2019. "Où est Steve monsieur Macron, où est Steve? Il est mort!".

"Une telle déconnexion avec les gens"

Un autre, se revendiquant du mouvement des "gilets jaunes", un bon mouvement au départ, lui a reproché les conditions du grand débat. "Le grand débat, ça a été filtré! Je n'ai pas pu y entrer, c'était compliqué", a-t-il expliqué à Emmanuel Macron. "Tenez compte qu'il y a une telle déconnexion avec les gens (...) de plus en plus de gens pensent que nous ne sommes plus en démocratie, on parle de démocrature, avec la loi de sécurité globale...", a-t-il poursuivi. "On est dans un Etat de droit... moi même j'essaie d'être le garant de tout ça", lui a alors répondu le chef de l'Etat.

"Il n'y a pas de déplacement facile, ce sont des déplacements qui sont sans filtre. Le monsieur dit qu'il est 'gilet jaune', il vient me voir", a par la suite justifié le président à un journaliste de C dans l'air, rapporte BFMTV. "Il y a des colères qui s'expriment, c'est normal. Que des gens ne soient pas d'accord avec ma politique, c'est notre pays. L'unanimité n'excite pas dans notre démocratie, la possibilité que chacun puisse s'exprimer, c'est une bonne chose", a-t-il estimé. 

"Ce que je n'accepte pas c'est la violence et l'insulte, pour le reste c'est normal, la vie d'une démocratie c'est la capacité à partager des désaccords", a-t-il ajouté.

Une tournée jusqu'en juillet

Ce déplacement, le premier d'une série d'une dizaine jusqu'à la fin-juillet, a un double objectif: "accompagner la réouverture", notamment dans le tourisme, et "comprendre en profondeur comment nos compatriotes ont vécu cette crise", avait expliqué Emmanuel Macron en début de semaine. Pour cela, "je ne connais pas de meilleurs moyens que d'aller au contact", de voir la France "en direct", loin des ors du palais de l'Elysée, avait-il ajouté. 

Mais opposants lui reprochent d'être entré "en mode élection" à l'approche des régionales et à moins d'un an de la présidentielle. "Il est en campagne. La seule différence entre lui et moi c'est que moi je suis en campagne en respectant les comptes de campagne, lui non", a notamment dénoncé Marine Le Pen. "On doit prendre le pouls du pays même quand on est pas en campagne", s'est justifié le chef de l'Etat. 
 

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