"Il faut reprendre le travail", martèle Bruno Le Maire

"Il faut reprendre le travail", martèle Bruno Le Maire
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 24 avril 2020.

, publié le mercredi 29 avril 2020 à 10h00

Pour le ministre de l'Economie, la reprise de l'activité est "indispensable pour la nation française".

Confinée depuis six semaines pour faire face au coronavirus, la France en subit les conséquences. Edouard Philippe a mis en garde mardi 28 avril contre "le risque de l'écroulement" de l'économie si le déconfinement n'était pas mis en oeuvre "progressivement, prudemment", lors de la présentation de son plan devant les députés.



"Nous devons retourner au travail", a de son côté affirmé mercredi matin le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire. "Il faut reprendre le travail et il faut qu'un maximum de Français reprennent le travail", a-t-il insisté sur LCI, soulignant que "l'activité est indispensable pour la nation française".

"Il faut préparer la reprise économique et nous la réussirons que si nous la préparons collectivement", a-t-il ajouté. "Il faut que nous nous retroussions les manches tous ensemble pour que le retour à l'activité se fasse dans les meilleures conditions possibles", a-t-il poursuivi, avant d'évoquer un "message d'optimisme" à l'adresse des chefs d'entreprise et des salariés.

11,3 millions de salariés en chômage partiel

Alors que la pandémie de coronavirus et les mesures drastiques de confinement imposées depuis six semaines pour l'endiguer paralysent l'activité, l'économie française devrait avoir connu ces derniers mois une contraction d'une ampleur inédite depuis des décennies. 

L'Insee publiera jeudi sa première estimation de la contraction du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, après avoir évoqué la semaine dernière une économie "sous anesthésie" et n'assurant "plus que ses fonctions vitales". "La moitié des salariés se trouvaient, fin mars, dans une entreprise dont l'activité s'est arrêtée ou a diminué de plus de moitié", rappelait-il encore. Mercredi, 11, 3 millions de salariés étaient en chômage partiel, soit plus d'un salarié sur deux. 

La Banque de France, de son côté, a déjà évalué la contraction du PIB à environ 6% sur les trois premiers mois de l'année, faisant de la France une des premières grandes économies mondiales à entrer en récession, après le recul du PIB déjà enregistré fin 2019. Il s'agit de la pire performance trimestrielle de l'économie française depuis 1945.

Pas de plan de relance avant septembre

"Nous allons nous relever, nous allons faire le maximum pour ça", a assuré Bruno Le Maire, précisant ne jamais "avoir caché la gravité de la crise aux Français", en faisant "dès les premiers jours la comparaison avec la grande récession de 1929". "Il faut être lucide, il y aura des faillites, quoi que nous fassions, nous le savons et c'est bien pour ça que je ne cesse de renforcer les dispositifs pour aider les entrepreneurs, il y aura des pertes d'emploi", a-t-il souligné. 

"Il y aura un troisième temps qui sera celui de la relance sur lequel je commence déjà à travailler", a indiqué le locataire de Bercy, évoquant "plus d'investissement des entreprises, un soutien à la demande des ménages, un soutien aux secteurs qui ont été le plus durement touchés : le tourisme, l'aéronautique, l'industrie automobile".

Le gouvernement n'annoncera "certainement pas" de plan de relance de l'économie française avant septembre ou octobre, après l'amortissement du choc de la crise et la reprise de l'activité, a-t-il par ailleurs affirmé.

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