"Il faut être fier d'être des amateurs", assure Emmanuel Macron devant les députés LREM

"Il faut être fier d'être des amateurs", assure Emmanuel Macron devant les députés LREM
Emmanuel Macron le 11 février 2020 lors de la présentation du plan pour le handicap, à l'Élysée.

, publié le mercredi 12 février 2020 à 09h49

Le chef de l'État a rencontré mardi 11 février durant deux heures les députés de la majorité pour tenter d'apaiser les tensions. Il a délivré un message d'"unité et de responsabilité" et les a assurés de son "soutien indéfectible".

Certains dans l'opposition ont raillé une opération de "câlinothérapie".

Emmanuel Macron a reçu mardi soir à l'Élysée les députés de sa majorité, blessés par l'épisode du congé pour deuil d'enfant, et en butte au retour d'une hostilité parfois violente sur le terrain, sur fond de réforme des retraites.




"On réussit ensemble ou on échoue ensemble". Lors de cette réunion qui a débuté vers 20 heures, le chef de l'État a demandé aux 320 députés présents, sur 380 invités, de "l'unité et de la responsabilité",  se défendant de "tout caporalisme", ont rapporté à l'AFP plusieurs participants. "Le quinquennat précédent s'est disloqué sur des aventures personnelles. Ceux qui faisaient les plateaux de BFM ont été des agents d'accélération de la dislocation", a-t-il également affirmé. "Nous devons continuer à faire vivre le dépassement et non pas recréer des chapelles ou aile gauche et aile droite se répondent en stéréo", a-t-il insisté. "Il faut rester dans la vision qu'on porte, qui fait notre unité : le 'en même temps', le dépassement politique".

Il a assuré les députés LREM de son "soutien indéfectible", alors qu'ils sont les cibles depuis les "gilets jaunes", d'un sentiment anti-Macron exacerbé par la réforme des retraites - nombre d'entre eux ont subi insultes, dégradations de leur permanence, voire agressions. "Vous catalysez la violence. De manière inqualifiable, injuste et disproportionnée. Avec les retraites, tout ressort. Tous les ressentiments sont en train de ressortir, ça tombe sur nous. Parce que l'on a agité la société", a-t-il estimé. "On ne peut pas se laisser enfoncer", "il faut être fiers d'être des amateurs quand on voit les résultats qu'ont obtenus les soi-disant professionnels de la politique", a-t-il ironisé, alors que le projet de loi fait l'objet de vives oppositions.

"C'est faux de dire qu'il faut encore du débat" sur la réforme des retraites

Il a exhorté les élus à "vendre cette réforme qui est une réforme de justice. Il faut l'améliorer sur des droits familiaux notamment", "il n'y a pas de justice si la réforme n'est pas équilibrée puisqu'elle se paie sur le dos des générations futures". "Il faut finir les retraites avant l'été. C'est faux de dire qu'il faut encore du débat. Ça dure depuis deux ans", a-t-il argué. Selon lui, "il y a deux temps importants pour la réforme :  la première lecture à l'Assemblée, puis la conférence de financement. Ce sont les deux temps à pas louper. Tout ce qui passera par amendement devra être financé lors de la conférence", a-t-il affirmé, appelant également à "porter la réforme à l'extérieur. La réforme n'est pas assez connue. Il faut bâtir des arguments très simples". 

Il faut "gagner la bataille des retraites, assumer le texte, travailler la gouvernance sans céder à l'obstruction et en tenant le calendrier avant l'été", a-t-il répété. "La réforme des retraites crée de l'anxiété comme chaque réforme des retraites. Ça se passe toujours bien jusqu'a ce que les gens se rendent compte qu'ils vont être concernés", a-t-il également affirmé.

"Sur l'humanité, je n'ai donné de leçons à personne"

Emmanuel Macron a aussi justifié son intervention dans l'affaire du deuil parental. Car après le tollé suscité par le refus des députés LREM d'allonger ce congé à douze jours, son appel à faire preuve d'"humanité" avait été perçu comme un reproche injuste par des élus qui n'avaient fait qu'appliquer la consigne gouvernementale. "Sur l'humanité, je n'ai donné de leçons à personne", a estimé le président, avant de justifier : "Je me suis exprimé pour qu'il y ait un pare-feu. Quand on perd une bataille, il faut le reconnaître. Quand il y a un tsunami, il faut l'assumer".

Le chef de l'État a conclu vers 22 heures par un mise au point sur ses priorités : gagner la bataille des retraites en respectant le calendrier et ouvrir de nouveaux sujets comme la recherche et développement, la sécurité et l'environnement.
 

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