Hôpital : "Nous allons augmenter les rémunérations", assure Olivier Véran

Hôpital : "Nous allons augmenter les rémunérations", assure Olivier Véran
Le ministre de la Santé Olivier Véran, le 7 mai 2020.

publié le dimanche 17 mai 2020 à 08h58

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre de la Santé annonce le lancement le 25 mai d'un "Ségur de la santé", où seront discuté les augmentations des salaires, un plan d'investissement et la remise en question des 35 heures.

"On veut du flouze, du pèze, de la fraîche, on veut de l'argent", a lancé vendredi 15 mai une infirmière à Emmanuel Macron, en visite à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Sur le front pour faire face à la crise du coronavirus depuis début mars, les soignants réclament plus de reconnaissance mais surtout une revalorisation de leur salaire. 




"Le Président a été très clair : nous allons augmenter les rémunérations, travailler sur un plan d'investissement ambitieux et enclencher une transformation profonde de tout ce qui ne tire pas l'hôpital vers le haut", rappelle dans les colonnes du Journal du Dimanche.

Le président de la République s'est engagé fin mars à mettre en oeuvre un "plan massif d'investissement" pour l'hôpital, comprenant une "revalorisation de l'ensemble des carrières" pour les personnels, dès que la crise sera passée. "Dans la crise, l'hôpital a montré que, quand on le laissait faire, il était capable d'accomplir des miracles. Faisons-lui confiance", martèle Olivier Véran.




Alors que la "prime Covid", entre 500 et 1.500 euros, devrait être versée au personnel soignant en mai ou juin, le ministre estime qu'"il faut travailler à une augmentation" des salaires "au-delà des primes", sans pour autant donner plus de détails. 

Il veut également "revoir le cadre d'organisation du temps de travail à l'hôpital". Veut-il revenir sur les 35 heures ? "La question n'est pas de déréglementer le temps de travail. Il ne s'agit pas d'obliger les gens à travailler davantage, mais de créer un cadre beaucoup plus souple pour permettre à ceux qui le souhaitent de le faire, ou d'organiser leur temps de travail différemment".  

"De nombreuses infirmières sont contraintes de faire des ' ménages', c'est-à-dire des heures supplémentaires, illégalement, dans d'autres établissements. Si des salariés de l'hôpital souhaitent travailler davantage et augmenter leur rémunération, il faut que ce soit possible", estime-t-il.

Au delà, il juge à propos des infirmières que "la nation va devoir faire un effort important pour reconnaître leur rôle". Il souhaite "rapidement" atteindre un "niveau de rémunération correspondant au moins à la moyenne européenne". A ce titre, il reconnaît qu'il faudra "de l'argent nouveau". "C'est nécessaire, il n'y a pas d'argent magique, il faudra donc faire des choix".

Le ministre de la Santé s'engage également à "sortir du dogme de la fermeture de lits". "Médecin hospitalier, j'ai connu les brancards dans les couloirs, ce n'est plus acceptable".

Olivier Véran annonce le lancement le 25 mai d'un "Ségur de la santé" avec une "grande réunion multilatérale des partenaires sociaux au ministère" afin de présenter un plan "cet été, pour traduire tout ce qui peut l'être dans le prochain budget de la sécurité sociale".

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